Retraités : entre 1 411 € et 2 820 € de déduction, les nouveaux plafonds 2026
Bonne nouvelle pour les 17 millions de retraités français. Pour la déclaration de revenus 2025, à remplir au printemps 2026, les plafonds de l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions sont revalorisés de 0,9 %. En parallèle, l'abattement spécial réservé aux plus de 65 ans est lui aussi maintenu et rehaussé, offrant entre 1 411 € et 2 820 € de déduction supplémentaire selon les revenus. Décryptage des nouveaux seuils.
Chaque année, l'administration fiscale applique automatiquement un abattement de 10 % sur le montant brut des pensions de retraite déclarées. Ce mécanisme, qui concerne aussi bien les pensions de base que les complémentaires, les pensions de réversion et d'invalidité, réduit le revenu imposable sans aucune démarche de la part du contribuable. Il est toutefois encadré par un plancher et un plafond.
Pour les revenus 2025, déclarés au printemps 2026, ces seuils sont ajustés à la hausse de 0,9 %, en cohérence avec la revalorisation des tranches du barème de l'impôt sur le revenu. Le plancher passe ainsi à 454 € par pensionné (contre 450 € en 2025), tandis que le plafond atteint 4 439 € par foyer fiscal (contre 4 399 € l'an passé). Concrètement, même un retraité percevant une très petite pension bénéficiera d'au moins 454 € de déduction.
L'abattement spécial seniors : jusqu'à 5 640 € pour les couples
En plus de l'abattement classique de 10 %, un second dispositif fiscal bénéficie aux retraités âgés de 65 ans ou plus au 31 décembre 2025, ainsi qu'aux titulaires d'une carte d'invalidité. Cet abattement spécial seniors dépend du revenu net global du foyer et se décline en deux tranches.
Si le revenu net imposable ne dépasse pas 17 667 €, la déduction s'élève à 2 820 €. Pour les revenus compris entre 17 667 € et 28 423 €, elle est ramenée à 1 411 €. Au-delà de ce plafond de revenus, le bénéfice de l'abattement spécial disparaît. Point crucial : lorsque les deux membres d'un couple remplissent les conditions d'âge ou d'invalidité, ces montants sont doublés, pouvant atteindre 5 640 € de déduction pour un foyer aux revenus modestes.
Ces deux abattements sont cumulables. Un retraité de plus de 65 ans aux revenus modestes peut donc voir son revenu imposable réduit de l'abattement de 10 % sur sa pension, puis de l'abattement spécial sur son revenu net global. Pour un couple éligible aux deux dispositifs, le cumul peut dépasser 10 000 € de déductions, selon les calculs de Cap Retraite.
Un maintien arraché de haute lutte au Parlement
Ces avantages fiscaux ont pourtant failli être remis en cause. Le projet de loi de finances pour 2026, présenté par le gouvernement, prévoyait initialement de remplacer l'abattement de 10 % par un forfait de 2 000 €, ce qui aurait pénalisé les retraités percevant plus de 20 000 € annuels de pension. Le 13 novembre 2025, l'Assemblée nationale a rejeté cette mesure par 213 voix contre 17, supprimant l'article 6 du budget.
Le Sénat avait de son côté proposé un compromis : maintenir l'abattement de 10 % mais abaisser le plafond à 3 000 € par foyer, soit un surcoût estimé à 25 € par mois pour un couple percevant 50 000 € de pension annuelle. Cette proposition n'a finalement pas été retenue dans le texte adopté via le recours à l'article 49.3 de la Constitution, fin janvier 2026. Le dispositif actuel est donc intégralement préservé.
Côté cotisations sociales, les seuils de CSG ont également été revalorisés. Un retraité seul est exonéré de CSG si son revenu fiscal de référence ne dépasse pas 13 048 €. Le taux réduit de 3,8 % s'applique entre 13 049 € et 17 057 €, tandis que le taux médian de 6,6 % concerne les revenus situés entre 17 058 € et 26 472 €. Enfin, un retraité célibataire n'est pas imposable si sa pension brute annuelle reste inférieure à environ 12 900 €.
Ces revalorisations, bien que modestes en apparence, permettent d'éviter que la simple indexation des pensions ne fasse basculer des retraités dans une tranche d'imposition supérieure. Une mesure de stabilité fiscale bienvenue dans un contexte où le pouvoir d'achat des seniors demeure au cœur du débat public.