Mélenchon accusé d'antisémitisme après ses propos sur Epstein
Jean-Luc Mélenchon se retrouve au cœur d'une nouvelle polémique après des propos tenus mercredi 26 février 2026 lors d'un meeting à Lyon. Le leader de La France insoumise a ironisé sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein, suscitant une vague d'indignation dans toute la classe politique française qui dénonce des « relents antisémites ».
Lors de son intervention lyonnaise, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « L'affaire Epstein... Ah, je voulais dire 'Epstine', pardon ! Ça fait plus russe, 'Epstine' ». Il a ensuite ajouté : « Alors maintenant, vous direz 'Epstine' au lieu d''Epstein', 'Frankenstine' au lieu de 'Frankenstein' ». Ces remarques, qui semblent viser la prononciation anglophone du nom du défunt financier américain, ont immédiatement déclenché une série de réactions indignées.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé sans détour : « Le nouvel antisémitisme en France s'écrit en trois lettres : L-F-I ». L'ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve s'est montré particulièrement cinglant en écrivant : « Mélenchon se rêvait Mitterrand, il finit comme Soral », faisant référence au polémiste d'extrême droite condamné pour antisémitisme. L'ancienne ministre Laurence Rossignol y a vu « l'antisémitisme le plus terrifiant ».
Un tollé politique unanime
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, a réagi sur le réseau social X en rappelant : « N'en déplaise à JL Mélenchon, un élève de cinquième sait qu'en anglais, 'Epstein' se prononce 'Epstine'. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain à l'américaine. Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents ». Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a condamné la réutilisation « des mécanismes les plus dangereux du fascisme ».
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a également exprimé son malaise : « Rien ne va dans ces propos ». Cette unanimité dans la condamnation, qui traverse les clivages politiques traditionnels, illustre la gravité perçue de ces déclarations, particulièrement dans un contexte de recrudescence des actes antisémites en France. La France insoumise fait régulièrement l'objet de critiques concernant sa position sur les questions liées à l'antisémitisme.
Mélenchon dénonce une polémique « consternante »
Confronté à cette déferlante de critiques, Jean-Luc Mélenchon a rapidement réagi sur les réseaux sociaux, qualifiant la polémique de « consternante ». Son entourage a précisé que le député des Bouches-du-Rhône souhaitait ironiser sur la prononciation adoptée par certains médias, qu'il estime destinée à suggérer une implication russe dans l'affaire Epstein et à détourner l'attention des connexions françaises du pédocriminel américain.
Cette défense n'a cependant pas suffi à apaiser les critiques. L'affaire rappelle les précédentes controverses ayant entouré Jean-Luc Mélenchon sur des questions similaires, et alimente le débat récurrent sur les limites de la critique politique et la lutte contre l'antisémitisme en France. Dans un climat politique déjà tendu, cette nouvelle sortie du leader insoumis risque de compliquer davantage les relations de son parti avec le reste de la gauche française et d'alimenter les débats sur la stratégie politique de La France insoumise.
Cette polémique intervient également alors que la justice française continue d'enquêter sur les ramifications de l'affaire Epstein en France, notamment concernant d'éventuelles victimes françaises du réseau du financier américain décédé en prison en 2019. Les propos de Jean-Luc Mélenchon ont ainsi ravivé un débat sensible au moment où plusieurs personnalités politiques et médiatiques appellent à une transparence totale sur cette affaire qui a ébranlé les élites américaines et internationales.