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Cyberattaque : après la Fédération des chasseurs, l'OFB à son tour ciblé

Après la Fédération nationale des chasseurs (FNC), c'est au tour de l'Office français de la biodiversité (OFB) d'annoncer avoir été victime d'une cyberattaque. L'application du permis de chasser a été ciblée, exposant les données personnelles de nombreux candidats et titulaires du précieux sésame.

L'OFB a confirmé jeudi 30 janvier avoir subi un « acte de cyber-malveillance » touchant directement son application du permis de chasser. Cette intrusion fait suite à celle qui a frappé la Fédération nationale des chasseurs le 20 janvier dernier, laissant craindre une opération coordonnée visant le monde cynégétique français.

Selon les informations communiquées par l'Office, les pirates ont eu accès à des données sensibles : identité complète (nom, prénoms, date et lieu de naissance), coordonnées (adresse postale, téléphone, courriel), nationalité et numéro de permis de chasser. Des informations relatives à l'inscription et au déroulement de l'examen du permis ont également été compromises.

Des données bancaires épargnées mais un risque de phishing élevé

L'OFB se veut néanmoins rassurant sur un point : « Aucune donnée bancaire, aucune information de santé ni aucune donnée relative à la détention d'armes n'a été compromise », précise l'établissement public. Les personnes potentiellement touchées doivent recevoir un courriel d'information dans les prochains jours.

Face à cette situation, l'Office appelle à la plus grande vigilance. « Ne jamais transmettre d'informations personnelles ou de mots de passe, et ne pas répondre aux sollicitations dont l'origine n'est pas formellement identifiée », martèle l'OFB. Cette mise en garde concerne aussi bien les courriels et SMS suspects que les appels téléphoniques ou visites à domicile de personnes se faisant passer pour des agents officiels.

Cette double attaque contre les institutions liées à la chasse intervient dans un contexte préoccupant. Le 20 janvier, les données de 1,4 million de chasseurs français ont été mises en vente sur le darknet pour la somme de 1 200 euros. Un butin de 27 Go de données personnelles revendiqué par un cybercriminel, selon l'expert en cybersécurité Clément Domingo.

Le spectre des cambriolages plane sur les chasseurs

Si les données relatives à la détention d'armes n'ont pas été compromises selon les deux organismes, les experts en cybersécurité restent inquiets. « Le gros risque, c'est qu'il y ait des personnes qui se fassent cambrioler, qu'on leur vole leur arme de chasse », alerte Romain Marcoux, spécialiste du secteur. Un scénario qui n'a rien de théorique.

À l'automne 2025, la Fédération française de tir avait déjà été victime d'une cyberattaque similaire, touchant un million d'adhérents. Les semaines suivantes, plusieurs vols et tentatives de vols d'armes à feu avaient été signalés sur le territoire, perpétrés par de faux policiers utilisant les informations personnelles dérobées. Le parquet de Paris a depuis confirmé le lien entre cette fuite de données et les cambriolages.

La Fédération nationale des chasseurs a déposé plainte le 23 janvier auprès de la cellule cyber de la gendarmerie nationale. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a également été saisie. L'OFB, de son côté, rappelle que cet incident « s'inscrit dans un contexte général de recrudescence des attaques informatiques visant les organismes publics et parapublics ». Une tendance lourde qui ne semble pas près de s'inverser.

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