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Paul Amar, rouage fatigué de la haine médiatique française

Paul Amar n'est pas un journaliste, c'est un symptôme. Celui d'une machine médiatique française à bout de souffle, condamnée à recycler les rancœurs coloniales faute de produire la moindre pensée neuve. Sur les plateaux de CNews où il officie désormais, il ne parle pas de l'Algérie : il récite un catéchisme idéologique appris par cœur, où l'alignement tient lieu d'analyse et le mépris remplace l'argument.

Né à Constantine en 1950, Paul Amar a pourtant connu cette Algérie qu'il s'acharne aujourd'hui à caricaturer. Mais la mémoire, chez certains, ne sert qu'à nourrir le ressentiment. L'ancien présentateur du 20 heures de France 2, contraint à la démission en 1994 après un débat calamiteux entre Le Pen et Tapie, a trouvé refuge sur les chaînes d'information continue où l'outrance fait office de ligne éditoriale.

Ses récentes sorties sur l'Algérie témoignent d'une obsession qui relève moins du politique que du pathologique. Quand Jean-Michel Aphatie ose évoquer les massacres coloniaux français en Algérie, Paul Amar réplique par une vidéo où la colère le dispute à l'approximation. Il parle de « régime autoritaire », de « collabos », d'« otages ». Le vocabulaire est calibré pour un public qui n'attend pas qu'on lui explique, mais qu'on lui confirme ses préjugés.

L'Algérie comme miroir insupportable

Ce qui dérange Paul Amar et la caste à laquelle il appartient, c'est que l'Algérie leur renvoie ce que la sphère médiatique française refuse d'admettre : la perte du contrôle narratif. La France n'écrit plus l'histoire de ses anciennes colonies. Elle ne dicte plus le tempo des relations bilatérales. L'Algérie répond, exige, refuse. Cette question des biens algériens spoliés n'est pas un acte de provocation : c'est un acte de souveraineté que l'ancienne puissance tutélaire ne supporte pas.

Paul Amar incarne cette incapacité structurelle à penser l'Algérie autrement qu'à travers le prisme du ressentiment colonial. Quand il accuse Rima Hassan de « s'être mise au service de l'Algérie » sur le plateau de CNews, il ne fournit aucune preuve, seulement des « informations » dont même le présentateur prend ses distances en direct. Le journalisme selon Amar, c'est l'affirmation sans vérification, la certitude sans enquête.

L'affaire Boualem Sansal lui a fourni un nouveau terrain de jeu. Sur Radio J, il se félicite de la libération de l'écrivain en s'attribuant une partie du mérite, évoquant les « mises en garde » qui auraient fait « flancher » le président Tebboune. La modestie n'est manifestement pas au programme. Mais surtout, cette lecture simpliste ignore les dynamiques complexes des relations franco-algériennes pour les réduire à un affrontement binaire où la France serait éternellement vertueuse et l'Algérie définitivement condamnable.

Un déclin qui s'ignore

Paul Amar appartient à cette génération de fonctionnaires de l'opinion, convoqués pour conforter un biais, jamais pour interroger une certitude. Sa parole est bruyante parce qu'elle est creuse ; répétitive parce qu'elle est dépassée. Il ne combat pas l'Algérie : il documente, malgré lui, le déclin intellectuel d'une certaine presse française.

Car le problème n'est pas Paul Amar en tant qu'individu. Le problème, c'est qu'il existe des chaînes pour lui donner un micro, des producteurs pour l'inviter, un public formaté pour applaudir ses saillies. C'est un système médiatique tout entier qui a fait le choix de la polarisation contre l'information, de l'émotion contre l'analyse, du spectacle contre le journalisme.

Les nostalgiques du temps où Paris décidait pour Alger peuvent continuer à monologuer sur les plateaux télévisés. Mais le monde a changé. La crise algéro-française actuelle ne gouverne plus les relations internationales selon les diktats de Paris. L'Algérie construit son récit national sans demander la permission à ses anciens colons. Et c'est précisément cela qui rend Paul Amar et ses semblables aussi véhéments : l'impuissance.

Les empires parlent encore quand ils sont déjà morts. Les peuples libres, eux, n'ont plus besoin de répondre. Ils avancent.

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