Araghchi dénonce le bombardement d'une école : "Voilà l'aide promise par Trump"
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a violemment dénoncé le bombardement d'une école primaire de filles à Minab, dans le sud de l'Iran, qui a fait 165 morts selon les autorités iraniennes. Dans une déclaration cinglante, il a ironisé sur la promesse de Donald Trump d'"aider les Iraniens", qualifiant cette frappe de "réalisation concrète" de cette promesse.
Le drame s'est produit le 28 février 2026, premier jour des frappes israélo-américaines contre l'Iran. L'école primaire Shajareh Tayyebeh ("L'arbre béni"), située dans la ville côtière de Minab, province d'Hormozgan, a été touchée par un missile vers 10 heures du matin, heure locale. Le samedi étant jour ouvrable en Iran, l'établissement accueillait environ 170 élèves au moment de l'impact.
"Le bâtiment détruit est une école primaire de filles dans le sud de l'Iran. Elle a été bombardée en plein jour, alors qu'elle était remplie de jeunes élèves", a écrit Abbas Araghchi sur la plateforme X. "Des dizaines d'enfants innocents ont été assassinés. Ces crimes contre le peuple iranien ne resteront pas sans réponse."
"Voilà comment Trump sauve les Iraniens"
La charge du chef de la diplomatie iranienne fait directement référence au discours prononcé par Donald Trump le 13 janvier dernier. Le président américain avait alors appelé les Iraniens à "prendre le contrôle de leurs institutions" et promis que "l'aide était en route". "Quand nous aurons terminé, prenez les commandes. Ce sera à vous", avait-il lancé dans un message vidéo adressé à la population iranienne.
Pour Araghchi, le massacre de Minab constitue l'illustration tragique de cette "aide" américaine. "Bombarder une école primaire remplie de petites filles, voilà la promesse de sauver les Iraniens que Trump a tenue", a-t-il déclaré, dénonçant une guerre qu'il qualifie de "non justifiée, illégale et illégitime".
Ni Washington ni Tel-Aviv ne confirment
Le bilan communiqué par les autorités iraniennes fait état de 165 morts et 96 blessés, principalement des écolières. Le procureur local de Minab a supervisé les opérations de déblaiement qui ont duré plusieurs jours. Une liste manuscrite de 56 victimes identifiées a été publiée par le gouverneur de la province d'Hormozgan.
Ni les États-Unis ni Israël n'ont confirmé avoir frappé cet établissement scolaire. Un porte-parole du commandement central américain a déclaré être "au courant des informations faisant état de dommages causés aux civils" et mener une enquête. Israël a affirmé n'avoir "connaissance d'aucune frappe américaine ou israélienne sur un établissement scolaire en Iran".
L'école se trouvait à proximité d'une base navale des Gardiens de la Révolution, également visée ce jour-là. L'UNESCO a qualifié ce bombardement de "violation grave du droit humanitaire international". Des images de l'école détruite, vérifiées par le New York Times, le Washington Post et Reuters, montrent un bâtiment réduit en gravats.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a promis que "l'agression américaine et sioniste contre l'école primaire de Minab ne sera jamais effacée de la mémoire historique de notre nation". L'Iran a depuis imposé un blocus total du détroit d'Ormuz en représailles aux frappes.