Affaire Epstein : la piste d’un système de compromission des élites « bien ficelé »
Des documents récemment divulgués et des enquêtes journalistiques américaines relancent les interrogations sur le rôle de Jeffrey Epstein comme agent d'influence au service du Mossad. Le système présumé : compromettre des personnalités influentes pour les tenir sous contrôle.
L'affaire Jeffrey Epstein continue de livrer ses secrets. Depuis plusieurs mois, des journalistes d'investigation américains, notamment Murtaza Hussain et Ryan Grim du média Drop Site News, ont mis au jour des éléments troublants sur les connexions entre le financier déchu et les services de renseignement israéliens.
Leur thèse, étayée par des emails piratés et des documents du FBI, est explosive : Epstein n'aurait pas été un simple prédateur sexuel, mais un rouage essentiel d'un système de compromission des élites. « C'était un entremetteur et un intermédiaire à un niveau très, très élevé », résument les enquêteurs, décrivant son rôle de médiateur entre agences de renseignement internationales.
Un espion israélien hébergé à Manhattan
Les révélations les plus accablantes proviennent du piratage informatique attribué au groupe Handala. Ces documents montrent que Yoni Koren, un officier de haut rang du renseignement israélien et ancien aide d'Ehud Barak, a séjourné plusieurs semaines dans l'appartement new-yorkais d'Epstein entre 2013 et 2015. L'ancien Premier ministre israélien lui-même aurait visité le townhouse d'Epstein plus de 30 fois durant cette période.
Plus troublant encore : selon un informateur du FBI dont le témoignage figure dans les documents du département de la Justice, Epstein « appartenait aux services de renseignement américains et alliés », incluant le Mossad. L'informateur affirme qu'Epstein aurait été formé comme espion sous la direction d'Ehud Barak.
Le mécanisme du chantage présumé
Le schéma allégué par plusieurs journalistes américains est le suivant : attirer des personnalités influentes – politiques, hommes d'affaires, universitaires – dans des situations compromettantes, puis utiliser ces éléments pour les contraindre à servir certains intérêts. Un système de « laisse » comme le décrivent certains analystes, permettant d'orienter les décisions de personnalités clés.
Les enquêtes de Drop Site News documentent également le rôle d'Epstein dans des opérations diplomatiques sensibles : négociation d'un accord de sécurité entre Israël et la Mongolie, mise en place d'un canal de communication secret entre Israël et la Russie concernant la Syrie en 2013, ou encore vente de technologies de surveillance à des pays africains.
La représentante républicaine Anna Paulina Luna a déclaré en septembre 2025, après avoir rencontré des survivantes d'Epstein : « Cette affaire est bien plus importante que ce que nous pouvions anticiper. Des gens riches et puissants doivent aller en prison. Il est possible qu'Epstein ait été un agent de renseignement étranger. »
L'ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett a catégoriquement démenti ces accusations, affirmant avec « 100% de certitude » qu'Epstein n'avait jamais travaillé pour le Mossad. Interrogée sur le sujet, la procureure générale américaine Pam Bondi a répondu prudemment : « Je n'ai aucune connaissance à ce sujet. Nous reviendrons vers vous. »
Le silence relatif des grands médias américains sur ces révélations interroge. Comme le souligne le média FAIR, seul le New York Post a couvert le piratage Handala parmi les grands titres, préférant se concentrer sur les relations du Prince Andrew avec Epstein plutôt que sur les questions d'espionnage et d'influence étrangère. Une discrétion qui, pour certains observateurs, en dit long sur l'ampleur des intérêts en jeu.