sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Fiscalité des retraites en 2026 : ce qui change pour 17 millions de Français

Alors que 17 millions de retraités français scrutent leurs avis d'imposition, l'année 2026 apporte son lot de changements fiscaux. Entre le maintien in extremis de l'abattement de 10 %, la revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu et l'ajustement des seuils de CSG, le paysage fiscal des pensions évolue sans révolution. Décryptage des mesures qui affectent concrètement le pouvoir d'achat des seniors.

Le feuilleton aura tenu en haleine les retraités pendant plusieurs mois. En novembre 2025, le gouvernement Lecornu avait proposé de remplacer l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions par un forfait fixe de 2 000 euros. Une mesure qui aurait pénalisé la grande majorité des retraités percevant plus de 20 000 euros annuels. L'Assemblée nationale a finalement rejeté cette proposition le 13 novembre 2025, par 213 voix contre 17, dans une rare unanimité transpartisane.

L'abattement de 10 % est donc maintenu pour 2026, avec un plancher de 454 euros par pensionné et un plafond revalorisé à 4 438 euros par foyer fiscal, en hausse de 0,9 %. Concrètement, un retraité percevant 1 750 euros mensuels, soit 21 000 euros annuels, voit sa base imposable ramenée à 18 900 euros, ce qui représente environ 803 euros d'impôt sur le revenu par an.

Un barème revalorisé mais des pensions qui stagnent

Le barème de l'impôt sur le revenu a été revalorisé de 0,9 % pour suivre l'inflation. La première tranche, à 0 %, s'applique désormais jusqu'à 11 600 euros de revenu net imposable, tandis que la tranche à 11 % couvre les revenus compris entre 11 600 et 29 579 euros. Cette indexation évite aux retraités modestes de basculer dans une tranche supérieure du seul fait de l'inflation.

Côté pensions, la revalorisation des retraites de base atteint 0,9 % au 1er janvier 2026, soit une dizaine d'euros supplémentaires par mois en moyenne. En revanche, les 14 millions de retraités du privé affiliés à l'Agirc-Arrco subissent un gel de leur pension complémentaire. Faute d'accord au conseil d'administration du 17 octobre 2025, aucune revalorisation n'est intervenue entre novembre 2025 et octobre 2026, entraînant une perte estimée de 0,6 à 2 % de pouvoir d'achat. De nouvelles négociations sont prévues à la mi-mars 2026.

Les prélèvements sociaux constituent l'autre variable majeure du revenu net des retraités. Les seuils de Revenu Fiscal de Référence (RFR) déterminant le taux de CSG ont été relevés de 1,8 % en 2026. Pour une personne seule, l'exonération totale s'applique jusqu'à 13 048 euros de RFR, le taux réduit de 3,8 % entre 13 049 et 17 057 euros, le taux médian de 6,6 % entre 17 058 et 26 470 euros, et le taux normal de 8,3 % au-delà. Le gel de ces seuils, initialement envisagé par le gouvernement, a été écarté par les parlementaires.

L'effet ciseau qui guette les petites pensions

Paradoxalement, la revalorisation de 0,9 % des pensions de base peut se retourner contre certains retraités. Un léger dépassement du seuil de RFR suffit à faire basculer dans une tranche de CSG supérieure, avec des conséquences parfois brutales. Sur une pension mensuelle de 1 200 euros, le passage du taux réduit au taux médian représente une perte nette de 45,60 euros par mois, soit plus de 540 euros par an, pour parfois seulement 100 euros de revenus supplémentaires. Un mécanisme d'atténuation existe toutefois : la hausse du taux de CSG n'est effective que si le dépassement est constaté deux années consécutives.

Par ailleurs, les retraités de plus de 65 ans peuvent bénéficier d'un abattement spécifique cumulable avec celui de 10 %. Son montant atteint 2 821 euros pour un revenu net global inférieur à 17 668 euros, ou 1 411 euros pour des revenus compris entre 17 668 et 28 423 euros. Cet avantage reste inchangé en 2026.

Enfin, la suspension de la réforme des retraites de 2023, annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu en octobre 2025 et confirmée à l'Assemblée le 12 novembre, gèle temporairement le calendrier de relèvement de l'âge légal pour les générations 1964 à 1968. Le cumul emploi-retraite est maintenu sans modification, et les trimestres validés pour enfants comptent à nouveau pour les carrières longues depuis septembre 2026, une mesure favorable aux mères.

Si les fondamentaux du système fiscal des retraites sont préservés pour 2026, la tendance de fond demeure. Les débats autour de la suppression de l'abattement de 10 % reviendront probablement lors du prochain projet de loi de finances. Pour les 17 millions de retraités concernés, la vigilance reste de mise, notamment sur les effets de seuil de la CSG qui peuvent, à quelques euros près, transformer une bonne nouvelle en mauvaise surprise.

sfy39587stp16