Monoprix : cinq magasins fermés, trois cédés à Lidl, le détail de la restructuration
Monoprix accélère la rationalisation de son réseau. Lors d'un comité social et économique extraordinaire tenu le 10 février 2026, l'enseigne du groupe Casino a détaillé le sort réservé à une vingtaine de points de vente : cinq Monoprix fermeront définitivement, trois seront repris par Lidl, et onze Monop' basculeront en franchise. Environ 200 salariés sont concernés, sans aucune suppression d'emploi selon la direction.
L'annonce, attendue depuis plusieurs semaines dans le secteur, confirme l'ampleur du chantier engagé par le groupe Casino depuis son passage sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024. « Nous travaillons sur un réseau équilibré et performant », a déclaré Alfred Hawawini, directeur général de Monoprix, lors de la réunion avec les représentants du personnel.
Concrètement, cinq magasins Monoprix baisseront définitivement le rideau : le CNIT-La Défense (Hauts-de-Seine), Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), Porte de Chatillon (Hauts-de-Seine), Nantes Decré (Loire-Atlantique) et Tours les 2 Lions (Indre-et-Loire). Un magasin Monop' à Clichy (Hauts-de-Seine) sera également fermé, tandis qu'un autre point de vente à Lyon sera cédé à l'enseigne espagnole Primaprix.
Lidl en négociations exclusives pour trois reprises en Île-de-France
Trois Monoprix franciliens – Chatou et Le Pecq dans les Yvelines, ainsi qu'Argenteuil dans le Val-d'Oise – seront cédés au discounter allemand Lidl. Ce dernier a confirmé être entré en « négociations exclusives » pour la reprise de ces trois sites, avec une finalisation attendue d'ici la fin du premier semestre 2026. Lidl s'engage à conserver l'intégralité des effectifs des magasins repris. Le distributeur allemand poursuit ainsi son implantation en zone urbaine, après avoir déjà repris 19 supermarchés Auchan en 2025.
En parallèle, onze magasins Monop' passeront en franchise « avec un partenaire historique », selon les termes de la direction. Ce mouvement s'inscrit dans la stratégie du plan Renouveau 2030, présenté en novembre dernier, qui prévoit un recours accru à la franchise pour les magasins intégrés.
200 salariés repositionnés, zéro licenciement promis
Monoprix assure qu'aucune suppression d'emploi n'est envisagée dans le cadre de cette réorganisation du réseau. Pour les magasins voués à la fermeture, les quelque 200 collaborateurs concernés seront « repositionnés dans d'autres magasins de la marque au sein du même bassin d'emploi ». Pour les cessions, les contrats de travail seront transférés au repreneur « dans le strict respect du cadre légal, avec maintien des conditions contractuelles ».
La CGT Monoprix a toutefois dénoncé ce qu'elle qualifie de « réorganisation brutale », s'inquiétant de l'impact réel sur les conditions de travail et les possibilités d'évolution professionnelle des salariés transférés ou repositionnés.
Ces décisions ne sont pas isolées. Sur les neuf premiers mois de 2025, le parc Monoprix avait déjà connu seize fermetures et trois transferts en franchise, contre dix-neuf ouvertures. Au 30 septembre 2025, l'enseigne comptait 622 magasins tous formats confondus, dont la moitié exploités en franchise ou en location-gérance.
La restructuration s'explique par la conjoncture de plusieurs facteurs : concurrence accrue des enseignes à bas prix, essor du e-commerce et de la livraison à domicile, mais aussi hausse constante des charges d'exploitation en centre-ville. En toile de fond, le groupe Casino négocie actuellement avec ses créanciers pour ramener sa dette de 1,4 milliard à 800 millions d'euros avant l'échéance de mars 2027. Le distributeur stéphanois, qui a traversé une crise financière majeure, mise désormais sur un réseau plus léger et plus rentable pour assurer sa survie à long terme.