Aurore Bergé se lance pour la présidentielle 2027 : la ministre crée son propre mouvement politique
Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, prépare activement sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Estimant qu'il est désormais impossible de promouvoir de nouvelles idées au sein de Renaissance, entièrement contrôlé par Gabriel Attal, la ministre envisage de créer sa propre structure politique après les élections municipales de mars 2026.
La décision marque une rupture significative dans le paysage politique de la macronie. Alors que plusieurs figures du camp présidentiel affûtent leurs armes pour la succession d'Emmanuel Macron, Aurore Bergé, 38 ans, assume pleinement son ambition. « Le macronisme n'était pas une parenthèse. On sera tous comptables de ce bilan auprès des Français », a-t-elle déclaré au Journal du Dimanche.
Députée des Yvelines depuis 2017, ancienne porte-parole de LREM puis présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, Bergé entend se démarquer dans un paysage très concurrentiel. Face à Édouard Philippe, qui a déjà officialisé sa candidature, Gabriel Attal, Gérald Darmanin ou encore Bruno Retailleau, la ministre mise sur l'égalité femmes-hommes comme thème central de campagne et sur une stratégie de structuration de ses réseaux à travers les territoires.
Aurore Bergé plaide pour une primaire afin de désigner un candidat unique du « socle commun » pour 2027. « Si chacun considère qu'il est propriétaire de son écurie, on se retrouvera avec trois, voire quatre candidatures », a-t-elle averti, estimant qu'aucun de ces candidats ne serait alors au second tour. Une position qui contraste avec son discours de juillet 2022, quand elle affirmait que « notre sujet n'est pas de créer des écuries pour 2027 ».
Des positions pro-israéliennes controversées
Cette candidature intervient dans un contexte où les positions d'Aurore Bergé sur le conflit israélo-palestinien suscitent de vives critiques. La ministre, qui préside le groupe d'amitié France-Israël à l'Assemblée nationale, s'est rendue en Israël pour la septième fois mi-février 2026, déclarant vouloir « relancer le dialogue franco-israélien » dans la lutte contre l'antisémitisme. Elle s'est recueillie sur le site du festival Nova et au kibboutz Nir Oz.
Bergé a également qualifié les accusations de génocide à Gaza de « falsification historique » et a annoncé qu'une nouvelle loi contre l'antisémitisme serait adoptée dans les semaines suivantes, prévoyant jusqu'à cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende pour ceux qui appelleraient à la destruction d'Israël ou compareraient l'État hébreu au nazisme. Des mesures qui ont provoqué l'indignation d'une partie de la gauche et des associations de défense des droits humains.
Le scandale des bombes israéliennes dédicacées
Cette proximité assumée avec Israël doit être mise en perspective avec un phénomène qui a profondément choqué l'opinion : la pratique des bombes et obus dédicacés par des soldats israéliens destinés à être largués sur Gaza. Depuis le début de la guerre, des personnalités, responsables politiques et célébrités ont été photographiés en train de signer des munitions à destination de l'enclave palestinienne.
Parmi les cas les plus documentés figure celui du président israélien Isaac Herzog, photographié en train d'écrire « Je compte sur vous » sur un obus destiné à Gaza, selon le quotidien Haaretz. Le judoka Peter Paltchik, porte-drapeau olympique d'Israël aux JO de Paris, avait également signé des bombes militaires. L'ex-candidate républicaine américaine Nikki Haley a posé pour dédicacer des munitions destinées au Sud-Liban. Le chanteur David Draiman du groupe Disturbed a été filmé en juin 2024 dans une base militaire israélienne, dédicaçant une bombe destinée à Gaza.
Un système organisé de dédicaces payantes avait même été mis en place via une ONG appelée Chesed Fund, permettant à quiconque de financer l'inscription de messages personnalisés sur des obus moyennant un don. En France, l'influenceuse Maëva Ghennam avait reçu en décembre 2023 des photos d'un missile portant l'inscription « dédicace à Maeva Ghennam et à ses petits chéris », accompagnées de menaces de mort, après avoir exprimé son soutien à la Palestine sur les réseaux sociaux.
Ces pratiques s'inscrivent dans un contexte de bombardements massifs sur Gaza ayant causé, selon l'UNICEF, plus de 61 000 morts palestiniens dont au moins 18 000 enfants, plus de 154 000 blessés et plus de 11 200 disparus. La candidature d'Aurore Bergé devra composer avec cette réalité et les questions qu'elle soulève sur la place de la France dans ce conflit.