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L'ENS Paris-Saclay annule une conférence de Rima Hassan après le drame de Lyon

L'École normale supérieure (ENS) de Paris-Saclay a annoncé l'annulation d'une conférence de l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan, prévue le 27 février. Cette décision intervient après la mort de Quentin Deranque, 23 ans, violemment agressé en marge d'une intervention de l'élue à Sciences Po Lyon le 12 février dernier. L'établissement invoque la nécessité d'assurer « la sérénité des débats » sur son campus.

La conférence, organisée à l'initiative du syndicat FSU, représentatif au sein de l'ENS Paris-Saclay, devait se tenir sur le plateau de Saclay. La direction de l'école a précisé que « cette initiative ne s'inscrivait pas dans le cadre académique de l'école, qui devait uniquement mettre à disposition des locaux pour l'événement ». L'institution a ajouté œuvrer pour « garantir la sécurité des personnes et la tranquillité des échanges sur le campus ».

De son côté, Rima Hassan a contesté le terme d'annulation. Sur le réseau social X, l'eurodéputée a indiqué que la conférence était simplement « décalée », sans toutefois préciser de nouvelle date. Une nuance sémantique qui ne change rien à la réalité : l'événement n'aura pas lieu à la date prévue dans l'enceinte de l'ENS.

Le drame de Lyon, point de bascule

L'affaire trouve son origine dans les événements tragiques survenus à Lyon. Le 12 février, Quentin Deranque, jeune militant nationaliste de 23 ans, était venu accompagner des militantes du collectif identitaire Némésis devant Sciences Po Lyon, où se tenait une conférence de Rima Hassan. En marge de l'événement, il a été frappé par un groupe d'au moins six individus cagoulés. Souffrant d'un grave traumatisme crânien associé à une fracture temporale, il est décédé deux jours plus tard, le 14 février.

L'enquête judiciaire a progressé rapidement. Six hommes ont été mis en examen pour « homicide volontaire ». Un septième suspect, Jacques-Elie Favrot, 25 ans, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, a été mis en examen pour « complicité » et placé en détention provisoire. Un autre proche du député, Adrian Besseyre, figure également parmi les mis en examen.

Le gouvernement durcit le ton sur les réunions politiques à l'université

La mort de Quentin Deranque a provoqué une onde de choc bien au-delà du campus lyonnais. Dès le 16 février, le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez ont adressé une circulaire aux préfets et aux recteurs. Le texte rappelle les « conditions de sécurisation lors d'événements relevant de la liberté d'information et d'expression des étudiants » et demande d'interdire les réunions politiques en cas de risque avéré de trouble à l'ordre public.

« Il n'y aura pas d'autres meetings de ce type-là dans les établissements », a déclaré Philippe Baptiste sur BFMTV, tout en nuançant devant l'Assemblée nationale que cette interdiction devait rester « autant que faire se peut exceptionnelle ». Le ministre a rappelé que la décision finale revenait aux présidents d'universités, l'État ne pouvant imposer une interdiction générale, juridiquement inenvisageable.

Plusieurs autres établissements ont déjà pris les devants. Les universités de Lille, Paris-Dauphine et Strasbourg ont annulé des conférences de Rima Hassan, des décisions parfois contestées devant la justice. La tension autour de LFI ne faiblit pas, entre alertes à la bombe et polémiques politiques.

À La France insoumise, le coordinateur Manuel Bompard a dénoncé une décision « absolument scandaleuse », estimant que « le débat démocratique ne peut pas dépendre du bon vouloir de groupuscules fascistes ». Le syndicat étudiant Unef a réclamé le retrait de la circulaire, qualifiée de « répressive », en rappelant que le droit à la réunion des étudiants est garanti par la loi. L'affaire illustre la tension croissante entre impératif sécuritaire et liberté d'expression dans le monde universitaire français.

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