sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Ségolène Royal dénonce la minute de silence pour un « militant néo-nazi » à l'Assemblée

Dans un long message publié sur X, Ségolène Royal a vivement réagi à la minute de silence observée le 17 février à l'Assemblée nationale en mémoire de Quentin Deranque, militant identitaire tué à Lyon. L'ancienne candidate à la présidentielle dénonce un « deux poids, deux mesures » et pointe du doigt le silence de l'institution face aux victimes de violences racistes et antisémites.

« Que la présidente de l'Assemblée nationale se précipite pour faire une minute de silence à un militant présumé néo-nazi et antisémite interpelle, aussi condamnable que soit cet assassinat », écrit Ségolène Royal dans sa publication. Elle poursuit en déplorant que « les ratonnades antisémites et racistes, anti noirs, anti arabes, bien plus nombreuses, n'ont pas eu cette attention de la part de l'Assemblée nationale ».

Cette prise de parole intervient alors que la France est secouée depuis plus d'une semaine par l'affaire de la mort de Quentin Deranque à Lyon, survenue en marge d'une conférence de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le jeune homme de 23 ans, membre de l'Action française, avait été mortellement agressé lors d'une rixe entre militants d'extrême droite et antifascistes.

Un hommage qui divise la classe politique

Le 17 février, à l'initiative d'Éric Ciotti et avec l'accord de la quasi-totalité des groupes parlementaires, la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet avait fait observer une minute de silence en hémicycle. « Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées », avait-elle déclaré. Seul le groupe LIOT s'était abstenu de participer à ce vote.

Mais cet hommage n'a cessé de faire polémique depuis. Plusieurs voix, notamment à gauche, ont rappelé que Yaël Braun-Pivet avait dans un premier temps refusé d'organiser une minute de silence après le meurtre islamophobe d'Aboubakar Cissé dans une mosquée en avril 2025. La députée LFI Marie Mesmeur avait alors dénoncé un « deux poids, deux mesures » flagrant.

Dans son message, Ségolène Royal va plus loin dans l'analyse politique. « Aucun républicain ne doit se laisser aller à renvoyer dos à dos l'extrême droite et la gauche de la gauche », affirme-t-elle, estimant que « toutes les violences sont condamnables mais les idéologies qui les sous-tendent ne sont pas de même nature ni de même danger ». Elle accuse également le Rassemblement national de se livrer à une « écœurante récupération » de ce drame.

Des réactions virulentes et un pays fracturé

Les propos de l'ancienne ministre ont immédiatement suscité de vives réactions. Sur Europe 1, Pascal Praud s'est indigné : « C'est invraisemblable. Je pense que tout le monde devient fou, ou en tout cas perd son sang-froid. » Sur CNews, la journaliste Charlotte d'Ornellas a fondu en larmes en évoquant le sort de la famille Deranque, appelant à ce que « tout le monde se taise » par respect pour le deuil des parents.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui aussi pesé dans le débat lors des questions au gouvernement, répondant à Mathilde Panot (LFI) que l'on « n'oppose pas un mort à un autre mort, un assassinat à un autre assassinat ». Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a pour sa part accusé la Jeune Garde en déclarant : « La Jeune Garde tue et La France insoumise devrait le condamner. »

L'enquête se poursuit avec neuf suspects interpellés, dont Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Le Canard enchaîné a par ailleurs diffusé une vidéo inédite qui remettrait en cause la version officielle des événements, montrant selon certaines sources le groupe néofasciste montant une embuscade aux militants antifascistes. Une affaire loin d'être close, qui continue de fracturer le paysage politique français.

sfy39587stp16