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Affaire Booba-Berdah : 40 millions d'euros saisis sur les droits d'auteur du rappeur

Magali Berdah a frappé un grand coup dans sa guerre judiciaire contre Booba. Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné, jeudi 19 février, une saisie conservatoire de plus de 40,5 millions d'euros sur les droits d'auteur du rappeur, une décision inédite par son ampleur dans une affaire de cyberharcèlement. Un tournant spectaculaire dans un conflit qui oppose les deux protagonistes depuis plus de trois ans.

Le montant donne le vertige : 40 588 572 euros, très exactement. C'est la somme que le tribunal judiciaire de Paris a autorisé Magali Berdah et ses sociétés – Shauna Events, Sublime Talent et MB Conseil – à saisir à titre conservatoire sur les revenus d'Élie Yaffa, plus connu sous le nom de Booba. La mesure cible les droits d'auteur du rappeur de 49 ans, aujourd'hui installé à Miami, détenus auprès de la Sacem, d'Universal Music France et de la plateforme de streaming Deezer, mais également ses comptes bancaires, véhicules et biens mobiliers situés en France.

Cette saisie conservatoire, par nature provisoire et préventive, a pour objectif de geler l'ensemble de ces fonds en attendant une décision définitive sur le fond du litige. Elle ne signifie pas que Magali Berdah a d'ores et déjà obtenu cette somme, mais qu'un juge a estimé que sa créance était suffisamment fondée et le risque de dissipation des actifs suffisamment sérieux pour justifier cette mesure de protection exceptionnelle.

Une croisade anti-influenceurs aux conséquences financières colossales

L'affaire remonte à 2022, lorsque le rappeur lance une campagne virulente contre les influenceurs, qu'il rebaptise les « influvoleurs », dénonçant leurs pratiques commerciales qu'il juge trompeuses envers leurs abonnés. Magali Berdah, alors à la tête de l'agence Shauna Events, spécialisée dans le management de stars des réseaux sociaux, devient rapidement l'une de ses cibles privilégiées. Pendant des mois, le rappeur multiplie les publications incendiaires sur Instagram et Twitter, la visant personnellement et, selon elle, menaçant directement les marques qui collaborent avec son agence afin qu'elles rompent leurs contrats.

L'ancienne femme d'affaires, reconvertie aujourd'hui en animatrice sur Sud Radio, affirme que cette campagne de dénigrement systématique a provoqué l'effondrement de son activité professionnelle. Des annonceurs partenaires auraient rompu leurs contrats les uns après les autres, sous la pression exercée par le rappeur et sa communauté de fans mobilisés sur les réseaux. Le préjudice financier estimé à plus de 40 millions d'euros reflète, selon son avocat, l'ampleur des dommages causés à l'ensemble de ses sociétés sur plusieurs années d'activité compromise.

Parallèlement, Booba a été mis en examen pour cyberharcèlement aggravé. Une enquête pénale avait par ailleurs été ouverte contre Shauna Events pour pratiques commerciales trompeuses, mais celle-ci a été classée sans suite, ce qui renforce considérablement la position de Magali Berdah dans ce bras de fer judiciaire à rebondissements multiples.

Réactions tranchées des deux camps

Me David Smadja, avocat de Magali Berdah, a salué une décision qui « marque un tournant » dans cette affaire au long cours. « Cette phase judiciaire est destinée à obtenir la réparation intégrale du préjudice subi. Les réseaux sociaux ne sont pas une zone de non-droit », a-t-il insisté auprès de la presse. Pour le camp Berdah, cette saisie envoie un signal fort : le cyberharcèlement peut désormais avoir des conséquences financières considérables pour ses auteurs.

La réponse des avocats de Booba, Mes Gilles Vercken et Marie Roumiantseva, a été immédiate et cinglante. « Aucune information n'avait été communiquée à notre client sur cette procédure », ont-ils dénoncé, annonçant que l'ordonnance serait contestée dès sa notification officielle. Les conseils du rappeur ont également promis de poursuivre les requérants pour « procédure abusive », estimant que les montants réclamés sont totalement disproportionnés.

Cette affaire hors norme illustre les enjeux croissants liés au cyberharcèlement en ligne et aux conséquences économiques qu'il peut engendrer. Par son ampleur financière inédite, la décision du tribunal de Paris pourrait faire jurisprudence et inciter d'autres victimes de harcèlement numérique à réclamer des réparations à la hauteur de leurs préjudices réels. Le fond de l'affaire reste toutefois à trancher, et le combat judiciaire entre le rappeur et l'ex-reine des influenceurs est encore très loin d'être terminé.

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