MaPrimeRénov' 2026 : ce qui change avec la réouverture du guichet
Le guichet MaPrimeRénov' a rouvert ses portes ce lundi 23 février 2026 à midi, après près de deux mois de suspension. Avec un budget porté à 3,6 milliards d'euros et l'objectif de rénover 120 000 logements cette année, le dispositif phare de la rénovation énergétique revient avec des règles sensiblement modifiées. Rendez-vous obligatoire, travaux exclus, plafonds revus à la baisse : tour d'horizon de ce qui change pour les ménages français.
Depuis le 1er janvier 2026, plus aucun dossier ne pouvait être déposé sur la plateforme maprimerenov.gouv.fr. En cause : l'absence de budget voté pour l'année en cours. Il aura fallu attendre l'adoption du projet de loi de finances le 2 février, par le recours à l'article 49.3, pour débloquer la situation. L'Agence nationale de l'habitat (Anah) a finalement pu rouvrir le guichet, mais les quelque 83 000 dossiers de 2025 encore en attente de traitement laissent présager un engorgement rapide.
Le budget alloué à MaPrimeRénov' atteint 3,6 milliards d'euros de crédits d'État, auxquels s'ajoutent 500 millions d'euros de certificats d'économie d'énergie (CEE). L'Anah vise 120 000 rénovations d'ampleur – soit 68 000 logements en copropriété et 52 000 maisons individuelles – ainsi que 150 000 rénovations par geste. La relance officielle du dispositif s'accompagne toutefois de règles plus strictes.
Un rendez-vous obligatoire et des travaux exclus du parcours par geste
C'est la nouveauté majeure de cette édition 2026 : pour toute rénovation d'ampleur, un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov' est désormais obligatoire avant le dépôt de la demande d'aide. Gratuit, ce rendez-vous peut être pris dans l'un des 614 espaces France Rénov' répartis sur le territoire. L'objectif affiché est double : « sécuriser les parcours des ménages » et renforcer la lutte contre la fraude, un fléau qui a entaché le dispositif ces dernières années. Cette obligation d'accompagnement devrait permettre aux ménages de mieux structurer leur projet.
Autre changement notable : deux types de travaux disparaissent du parcours dit « par geste ». L'isolation des murs, qu'elle soit intérieure ou extérieure, et l'installation de chaudières biomasse (bois ou granulés) ne peuvent plus être financées isolément. Ces chantiers doivent désormais s'inscrire dans une démarche de rénovation globale pour bénéficier de l'aide. Le parcours accompagné est par ailleurs recentré sur les passoires thermiques : seuls les logements classés E, F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) y sont éligibles, avec un minimum de deux gestes d'isolation requis.
Des plafonds revus à la baisse et un accès élargi à tous les ménages
Les montants d'aide ont été révisés de manière significative. Le plafond de dépenses éligibles pour les rénovations d'ampleur est fixé à 30 000 euros hors taxes pour un gain de deux classes au DPE, et à 40 000 euros pour un gain de trois classes ou plus. Le plafond de 70 000 euros, qui s'appliquait auparavant pour un saut de quatre classes, a été purement supprimé. Le bonus « sortie de passoire thermique », qui permettait une majoration de 10 %, disparaît également. Pour le parcours par geste, le montant cumulé reste plafonné à 20 000 euros sur cinq ans.
Les taux de prise en charge varient selon les revenus du ménage : 80 % pour les très modestes (profil bleu), 60 % pour les modestes (profil jaune), 45 % pour les revenus intermédiaires (profil violet) et 10 % pour les revenus supérieurs (profil rose). Ces taux restent inchangés, mais la baisse des plafonds entraîne mécaniquement une diminution des montants perçus. Selon les estimations, les aides chutent de moitié pour les ménages modestes, de 57 % pour les intermédiaires et jusqu'à 81 % pour les revenus supérieurs.
Point positif : tous les ménages peuvent à nouveau déposer un dossier, sans condition de revenus. Les restrictions de fin 2025, qui limitaient l'accès aux seuls foyers très modestes, sont levées. Un DPE ou un audit énergétique reste toutefois obligatoire pour toute demande. Les délais de traitement s'annoncent néanmoins longs : plus de six mois pour les rénovations d'ampleur et plus de trois mois pour les travaux par geste. Avec seulement 7 000 places théoriquement disponibles pour de nouveaux dossiers de rénovation globale de maisons individuelles, la sélectivité du dispositif n'a jamais été aussi forte.