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Mila Orriols poursuivie pour un visuel nazi « Adidolf » : elle risque 7 ans de prison

SOS Racisme a déposé plainte contre l'influenceuse Mila Orriols pour « apologie de crimes contre l'humanité ». En cause : la diffusion sur Instagram d'un visuel montrant un t-shirt « Adidolf » où les trois bandes d'Adidas sont remplacées par des bras effectuant le salut nazi. La jeune femme de 22 ans encourt jusqu'à sept ans de prison et 100 000 euros d'amende.

Les faits remontent au 6 septembre 2025. Sur son compte Instagram suivi par près de 80 000 abonnés, Mila Orriols publie en story une photographie d'un homme portant un t-shirt aux références explicitement nazies. Le visuel détourne le logo de la célèbre marque de sport Adidas : les trois bandes caractéristiques ont été remplacées par trois bras effectuant un salut hitlérien, le tout accompagné du mot-valise « Adidolf », contraction d'Adidas et d'Adolf Hitler.

Pour SOS Racisme, cette publication ne relève en rien de l'humour. « Le détournement pseudo-humoristique de la marque Adidas en l'associant au nom d'Adolf Hitler, assortie de bras levés à 45 degrés, paume vers le sol, fait directement référence aux saluts nazis et au régime hitlérien », estime l'association dans sa plainte déposée le 23 janvier 2026. Selon elle, ce contenu « tourne en dérision le régime nazi et l'extermination de plus de six millions de juifs ».

Une convocation pour « apologie du terrorisme »

Le 12 janvier 2026, Mila Orriols a annoncé sur Instagram avoir été convoquée pour une audition libre. Fait notable : la qualification retenue par le parquet diffère de celle invoquée par SOS Racisme. L'influenceuse est convoquée pour « apologie du terrorisme » et non pour « apologie de crimes contre l'humanité », le ministère public n'étant pas lié par la qualification juridique des plaignants.

Dans deux vidéos publiées en réaction, la jeune femme s'est dite « étonnée » par cette procédure, dénonçant un « harcèlement judiciaire » et qualifiant sa publication de « simple vanne ». Sur le plan pénal, elle risque jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende, auxquels pourrait s'ajouter une peine complémentaire de bannissement d'Instagram pour une durée maximale de six mois.

Un parcours judiciaire déjà chargé

Cette nouvelle procédure intervient un mois seulement après une première condamnation. Le 16 décembre 2025, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné Mila Orriols à 2 000 euros d'amende avec sursis pour « injure en raison de l'origine », en lien avec un tweet raciste publié en février 2024 évoquant « la consanguinité des familles maghrébines ». L'influenceuse a fait appel de cette décision.

Révélée au grand public en 2020 après avoir subi un harcèlement massif en ligne à la suite de critiques virulentes contre l'islam, Mila Orriols a depuis opéré un rapprochement assumé avec l'extrême droite française. En 2024, elle a rejoint le collectif identitaire Némésis, qui se revendique du féminisme, et a participé aux universités d'été du parti Reconquête! d'Éric Zemmour. Pour SOS Racisme, qui rappelle que l'humour « n'est ni un droit, ni une liberté absolue », cette affaire illustre la banalisation croissante de l'antisémitisme sur les réseaux sociaux.

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