ChatGPT : OpenAI exige 60 dollars CPM, le triple de Meta, pour ses publicités
OpenAI frappe fort sur le marché publicitaire. La société derrière ChatGPT vient de dévoiler ses tarifs pour les annonceurs souhaitant apparaître sur son chatbot : 60 dollars pour 1 000 impressions, soit trois fois le prix pratiqué par Meta. Un pari audacieux qui témoigne de la confiance de l'entreprise dans la valeur de son audience.
Après des mois de spéculation, OpenAI a officiellement confirmé l'arrivée de la publicité sur ChatGPT. Les premiers tests ont débuté aux États-Unis auprès des utilisateurs majeurs de la version gratuite et de l'abonnement ChatGPT Go, lancé récemment à 8 dollars par mois. Les abonnements premium (Plus, Pro, Team et Enterprise) resteront exempts de toute publicité.
Le format choisi par OpenAI se veut non intrusif. Les annonces apparaissent en bas des réponses générées par l'intelligence artificielle, clairement identifiées comme contenu sponsorisé. L'entreprise a même développé un format interactif permettant aux utilisateurs de dialoguer directement avec les publicités, ouvrant la voie à un commerce conversationnel d'un nouveau genre.
Un ticket d'entrée à 1 million de dollars
Pour accéder à cette phase de test, les annonceurs devront mettre la main au portefeuille. OpenAI exige un budget minimum supérieur à 1 million de dollars, réservant de fait ces emplacements aux grandes marques. La facturation s'effectue au CPM (coût pour mille impressions), avec ce tarif de 60 dollars qui fait grincer des dents dans le secteur.
À titre de comparaison, Meta facture environ 20 dollars le CPM sur Facebook et Instagram. Google oscille entre 15 et 30 dollars selon les formats. OpenAI justifie cet écart par la qualité de l'engagement sur ChatGPT : « les utilisateurs sont dans une démarche active de recherche d'information, ce qui crée un contexte publicitaire premium », argue l'entreprise.
Côté transparence, OpenAI reste discret. Contrairement à Meta ou Google, qui fournissent des données démographiques détaillées, la société ne communique aux annonceurs que des informations basiques : nombre de vues et de clics. Une approche minimaliste qui pourrait freiner certains budgets marketing habitués à un ciblage précis.
Une nécessité économique
Derrière cette offensive publicitaire se cache un impératif financier. OpenAI doit financer des investissements colossaux en infrastructure, estimés à plusieurs centaines de milliards de dollars sur les prochaines années. Malgré ses 13 milliards de dollars de chiffre d'affaires prévu en 2025 et ses 800 millions d'utilisateurs hebdomadaires, l'entreprise cherche de nouvelles sources de revenus.
Les analystes prévoient que la publicité sur ChatGPT pourrait générer près de 25 milliards de dollars d'ici 2029. Un pactole qui permettrait à OpenAI de maintenir sa position de leader face à la concurrence, notamment le chinois DeepSeek qui bouscule le marché avec des modèles moins gourmands en ressources.
OpenAI promet néanmoins de protéger ses utilisateurs. Les conversations resteront privées et ne seront pas vendues aux annonceurs. Chacun pourra désactiver la personnalisation publicitaire et effacer ses données à tout moment. « Nous proposerons toujours un moyen de ne pas voir de publicités », assure l'entreprise, renvoyant vers ses formules payantes pour une expérience sans interruption commerciale.