IA et emploi : pourquoi les jeunes diplômés sont les premiers menacés
L'intelligence artificielle ne détruit pas tous les emplois de manière égale. Selon une analyse de François Lenglet diffusée sur TF1 le 25 janvier 2026, ce sont les jeunes diplômés qui paient le prix fort de cette révolution technologique. Les entreprises équipées en IA recrutent de moins en moins de profils juniors, dont les tâches sont désormais effectuées par les machines.
Le constat est sans appel. Sur le plateau du journal de 20 heures, le spécialiste économique de TF1 a dressé un portrait préoccupant du marché de l'emploi à l'ère de l'intelligence artificielle. « La menace se concentre sur les jeunes diplômés », a-t-il affirmé, s'appuyant sur les tendances observées aux États-Unis, traditionnellement annonciatrices des évolutions à venir en Europe.
Une étude menée par des chercheurs de l'université de Stanford, publiée en août 2025, vient étayer cette analyse. Selon ces travaux, l'emploi des moins de 25 ans a chuté de près de 15 % dans les secteurs exposés à l'automatisation. Les postes les plus touchés concernent le service client, la comptabilité, le support administratif et le développement logiciel d'entrée de gamme.
L'expérience comme bouclier face à l'automatisation
Pourquoi les jeunes sont-ils particulièrement vulnérables ? L'explication tient à la nature même des compétences que maîtrise l'IA. Les connaissances théoriques et techniques standardisées, précisément celles que possèdent les nouveaux diplômés, sont aujourd'hui facilement reproductibles par les algorithmes. En revanche, l'expertise empirique acquise au fil des années, l'intuition professionnelle et l'intelligence émotionnelle restent hors de portée des machines.
« L'expérience tend à protéger de l'IA », résument les chercheurs de Stanford. Cette réalité crée un fossé générationnel inédit sur le marché du travail. Les profils seniors conservent leur valeur tandis que les juniors peinent à décrocher leur premier emploi. Selon une enquête récente, 52 % des employeurs préfèrent désormais programmer une IA plutôt qu'embaucher un débutant. Dans le secteur financier, ce chiffre atteint 70 %.
En France, l'impact commence à se faire sentir. Capgemini a récemment annoncé la suppression de 2 400 postes, soit 7 % de ses effectifs français. Microsoft France réduit ses équipes de 10 %, tandis que les banques anticipent des coupes massives : 5 000 suppressions prévues à la Société Générale d'ici fin 2026, entre 1 000 et 1 400 par an chez BNP Paribas.
Un marché du travail en pleine mutation
François Lenglet nuance toutefois le tableau. Selon lui, l'IA pourrait provoquer la disparition de 5 % des emplois en France à moyen terme, un chiffre qui reste contenu. L'OCDE avance de son côté que 4 millions de postes pourraient être transformés ou supprimés d'ici 2030 dans l'Hexagone. Mais cette révolution génère également des opportunités : les secteurs de l'informatique et du développement de produits affichent des perspectives de croissance de plus de 30 %.
Les métiers manuels tirent leur épingle du jeu. Plombiers, électriciens, boulangers et soignants restent largement épargnés par l'automatisation. « C'est un véritable retour en grâce des cols bleus face aux cols blancs », observe-t-on dans les milieux économiques. Une ironie de l'histoire pour des générations qui ont été encouragées à privilégier les études longues.
Face à ce bouleversement, OpenAI développe ChatGPT Jobs, un outil destiné à aider les demandeurs d'emploi. Une initiative qui illustre le paradoxe de notre époque : l'IA qui supprime des postes propose aussi de vous aider à en retrouver un. Les jeunes diplômés devront apprendre à cohabiter avec cette technologie plutôt qu'à la combattre, en développant des compétences que les machines ne peuvent pas répliquer.