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Pakistan et Afghanistan : escalade militaire après des frappes meurtrières

Le Pakistan a officiellement déclaré jeudi 26 février 2026 la "guerre ouverte" aux autorités talibanes d'Afghanistan, après une série de frappes militaires meurtrières de part et d'autre de la frontière. Cette escalade sans précédent entre les deux pays voisins inquiète la communauté internationale, qui appelle à un cessez-le-feu immédiat.

Les tensions ont explosé le 22 février, lorsque le Pakistan a mené des frappes aériennes dans les provinces afghanes de Nangarhar et de Paktika. Islamabad a justifié ces bombardements par "de récents attentats-suicides", dont l'un a visé une mosquée de la capitale pakistanaise début février. Selon les autorités talibanes, ces frappes ont tué au moins 18 civils, dont des femmes et des enfants. La mission des Nations unies en Afghanistan a pour sa part confirmé au moins 13 victimes civiles.

En représailles, les forces afghanes ont lancé jeudi 26 février une offensive majeure à la frontière commune. Des journalistes présents près du poste-frontière de Torkham ont rapporté des échanges de tirs d'artillerie et de mortiers. Tôt vendredi matin, le Pakistan a riposté par des frappes aériennes sur Kaboul, Kandahar et d'autres provinces afghanes, marquant une nouvelle étape dans l'escalade du conflit.

"Notre patience a atteint ses limites"

Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, n'a pas mâché ses mots : "Notre patience a atteint ses limites. C'est désormais une guerre ouverte entre nous et vous", a-t-il déclaré en s'adressant aux autorités afghanes. Son homologue de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, a qualifié la réponse pakistanaise d'"appropriée" face aux provocations afghanes.

Les relations entre le Pakistan, puissance nucléaire, et l'Afghanistan gouverné par les talibans se sont fortement détériorées depuis 2021. Islamabad accuse régulièrement Kaboul d'héberger des militants armés qui mènent des attaques transfrontalières sur le territoire pakistanais, notamment le Mouvement des talibans pakistanais (TTP). Des accusations fermement démenties par les autorités afghanes, qui dénoncent les violations répétées de leur espace aérien.

La frontière de 2 611 kilomètres entre les deux pays est devenue une zone de tensions permanentes. En octobre dernier, des affrontements avaient déjà fait plus de 70 morts des deux côtés. Cette nouvelle escalade fait craindre un conflit régional aux conséquences imprévisibles.

Appels internationaux à la désescalade

La communauté internationale multiplie les appels au calme. La Chine, qui partage une petite frontière avec l'Afghanistan et entretient des relations stratégiques avec le Pakistan, s'est dite "profondément préoccupée" par l'escalade militaire. Pékin a proposé sa médiation et affirme avoir déjà engagé des discussions par "ses propres canaux" pour apaiser la situation.

L'Iran voisin s'est également positionné comme médiateur. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a offert son assistance pour "faciliter le dialogue" entre les deux nations. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, suit de près la situation et a exprimé sa "profonde préoccupation" face à la montée de la violence dans cette région déjà instable.

Les analystes redoutent que ce conflit ne déstabilise davantage une zone marquée par des décennies d'instabilité. Les civils afghans, déjà éprouvés par des années de guerre, sont les premières victimes de cette nouvelle escalade. La question qui se pose désormais est de savoir si les efforts diplomatiques parviendront à éviter un embrasement régional aux conséquences dramatiques pour les populations locales.

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