Affaire Epstein : Jack Lang refuse de démissionner de l'IMA et invoque sa "naïveté"
Malgré la publication de trois millions de pages de documents par le ministère américain de la Justice révélant ses liens avec le financier Jeffrey Epstein, l'ancien ministre de la Culture Jack Lang a catégoriquement exclu de démissionner de la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA), plaidant la « naïveté » et assurant n'avoir « jamais » eu connaissance des crimes sexuels du milliardaire américain.
Interrogé ce mercredi 4 février sur BFMTV puis sur RTL, Jack Lang, 86 ans, a balayé toute hypothèse de retrait. « Non, pas une seconde », a-t-il répondu à la question d'une éventuelle démission. L'ancien ministre a mis en avant le succès de l'institution culturelle qu'il préside depuis 2013 : « Le public afflue », s'est-il félicité, ajoutant avoir reçu des « messages de félicitations venant de pays arabes ».
685 mentions dans les documents Epstein
Au total, le nom de Jack Lang apparaît 685 fois dans les « Epstein Files », cette masse documentaire de trois millions de pages, 2 000 vidéos et 180 000 photos rendue publique le 30 janvier 2026. Ces documents révèlent que l'ancien ministre a sollicité à plusieurs reprises les services du financier, notamment l'utilisation de sa voiture et de son avion privé pour lui-même et sa famille.
Jack Lang a expliqué avoir été présenté à Jeffrey Epstein il y a une quinzaine d'années par le réalisateur Woody Allen. « Je suis tombé de l'armoire », a-t-il déclaré en évoquant sa réaction lorsqu'il a appris les crimes du financier américain. L'ancien ministre assure n'avoir jamais perçu « un seul centime » de la part d'Epstein, tout en reconnaissant avoir sollicité 57 897 dollars pour financer un documentaire sur les « années Lang-Mitterrand ». « Solliciter un mécène, ce n'est quand même pas un délit », s'est-il justifié.
Le mystère du fonds offshore
Concernant la présence de son nom dans les statuts d'un fonds offshore créé par Jeffrey Epstein en 2016 dans les îles Vierges américaines et doté de 1,4 million d'euros, Jack Lang s'est dit « stupéfait » de cette « découverte ». Il a qualifié de « culot » l'ajout de son nom sans son consentement. Des échanges datés de mars 2015 révèlent également des négociations autour de la vente d'un riad à Marrakech, le « Ksar Masa », pour lequel l'ancien ministre avait précisé un prix de 5 400 000 euros « offshore ».
La situation s'est avérée plus délicate pour sa fille Caroline, dont le nom apparaît plus de 2 000 fois dans les documents. Elle figurait comme bénéficiaire d'une société fondée par Epstein, Prytanee LLC, et était inscrite sur le testament du financier pour une somme de 5 millions de dollars, dont elle affirme avoir ignoré l'existence. Caroline Lang a démissionné lundi de la présidence du Syndicat de la Production Indépendante, trois semaines seulement après sa prise de fonction.
Aucune charge ne pèse à ce jour contre Jack Lang, et sa présence dans ces documents n'implique de sa part aucun acte répréhensible sur le plan pénal. D'autres personnalités françaises sont également citées dans les fichiers, notamment Bruno Le Maire et Cédric Villani, sans qu'aucune preuve d'implication dans les crimes d'Epstein n'ait été établie. L'Institut du monde arabe, fondation privée bénéficiant de fonds publics et de financements de pays arabes, reste pour l'heure silencieux sur l'avenir de son président.