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Hauts-de-France : une fraude aux cotisations sociales de 9 millions d'euros démantelée

Une organisation criminelle qui proposait aux entreprises d'échapper aux cotisations sociales a été démantelée par les gendarmes. Le préjudice pour l'Urssaf est estimé à près de 9 millions d'euros, tandis que quelque 2000 salariés ont été bernés par de faux bulletins de salaire.

L'affaire a éclaté lorsque des salariés d'une entreprise de travail temporaire basée à Amiens, dans la Somme, ont découvert qu'ils n'étaient pas déclarés. Après des démarches effectuées auprès de la Caisse d'allocations familiales, la supercherie a été révélée. L'Urssaf a alors constaté qu'aucune déclaration sociale n'avait été effectuée pour près de 1000 salariés, «entraînant un préjudice estimé à 4,3 millions d'euros hors majorations sur la période de juillet 2024 à mars 2025», selon le parquet de Beauvais.

Saisi en avril 2025, l'Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) a rapidement mis au jour un réseau bien plus vaste. Deux individus résidant à Beauvais, dans l'Oise, orchestraient cette fraude massive. Leur mode opératoire était rodé : ils proposaient aux entreprises, notamment celles évoluant dans des secteurs en tension, de ne plus payer leurs cotisations sociales.

Un système de faux bulletins de salaire

Le montage était sophistiqué. Les escrocs débauchaient les salariés des entreprises clientes pour les embaucher dans leurs propres sociétés de travail temporaire frauduleuses. Les employés continuaient à travailler exactement au même poste, mais recevaient désormais de faux bulletins de paie. «Près de 2000 salariés de sociétés de travail temporaire frauduleuses ont ainsi été bernés», précise la gendarmerie nationale. Ces travailleurs, persuadés d'être en règle, ignoraient totalement que leurs cotisations n'étaient jamais versées.

Ce système permettait aux entreprises complices de réaliser des économies substantielles sur les charges sociales, tout en privant les salariés de leurs droits à la protection sociale. Une situation similaire à celle révélée récemment dans l'affaire Uber, où l'Urssaf réclame 1,7 milliard d'euros pour travail dissimulé.

Sept interpellations et des saisies importantes

Le 27 janvier 2026, une vaste opération coordonnée a permis l'interpellation de sept personnes dans l'Oise, le Var et les Bouches-du-Rhône. À l'issue de leur garde à vue, quatre individus ont été mis en examen. L'un d'entre eux a été placé en détention provisoire. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont découvert des armes ainsi que des preuves d'investissements immobiliers en Thaïlande et au Maroc.

Près de 400000 euros d'avoirs criminels ont été saisis, «incluant des biens immobiliers, des véhicules et des sommes en numéraire», détaille le communiqué officiel. Le préjudice total pour l'Urssaf atteint désormais 8,9 millions d'euros. Les entreprises ayant eu recours aux services de cette société frauduleuse s'exposent également à des poursuites pénales et à de lourds redressements.

Cette affaire illustre l'ampleur du fléau de la fraude aux cotisations sociales en France. Selon un récent rapport, le montant des fraudes sociales est estimé à 14 milliards d'euros en 2025, principalement en raison du travail dissimulé pratiqué par certaines entreprises. Pour les 2000 victimes de cette arnaque, la situation reste préoccupante : sans cotisations versées, leurs droits à la retraite et à l'assurance maladie sont compromis.

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