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Affaire Epstein : Jack Lang propose sa démission de l'Institut du monde arabe

Acculé par la multiplication des révélations sur ses liens avec le financier américain Jeffrey Epstein, Jack Lang a proposé ce samedi 7 février 2026 sa démission de la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA). L'ancien ministre de la Culture, dont le nom apparaît 673 fois dans les documents déclassifiés par la justice américaine, cède sous la pression politique après avoir refusé de quitter son poste quelques jours plus tôt.

Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, Jack Lang écrit : « Afin de préserver l'Institut du monde arabe et son travail exemplaire, et de pouvoir sereinement réfuter toutes les accusations qui m'assaillent, je propose de remettre ma démission lors d'un prochain conseil d'administration extraordinaire. » L'ancien ministre de François Mitterrand ajoute que « les accusations portées à [son] encontre sont inexactes » et affirme se « réjouir que la justice se saisisse de ce dossier ».

Le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot a immédiatement « pris acte » de cette proposition. Il a annoncé lancer « la procédure pour désigner son ou sa successeur à la tête de l'IMA » et convoquer « un conseil d'administration sous sept jours qui désignera un ou une président(e) par intérim ». L'Élysée a également dit prendre acte de cette annonce.

Une semaine de révélations et de pressions politiques

Le revirement de Jack Lang intervient après une semaine de pressions croissantes. Mercredi encore, l'ancien ministre de 86 ans avait formellement exclu de démissionner, invoquant sa « naïveté » face aux révélations sur ses liens passés avec Jeffrey Epstein. Jeudi soir, il était convoqué dimanche au ministère des Affaires étrangères, à la demande du président Emmanuel Macron et du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le basculement s'est accéléré vendredi avec l'ouverture par le Parquet national financier (PNF) d'une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravé » visant Jack Lang et sa fille Caroline. Cette enquête fait suite aux révélations de Mediapart sur la société offshore Prytannée, créée en 2016 par Caroline Lang et Jeffrey Epstein. Officiellement destinée au mécénat d'artistes français, cette structure interroge les enquêteurs sur la nature réelle des flux financiers entre la famille Lang et le milliardaire américain.

Les documents déclassifiés montrent que le financier avait prévu dans son testament de verser cinq millions de dollars à Caroline Lang. Cette dernière assure n'avoir jamais touché cet argent. Néanmoins, les éléments rendus publics indiquent que Jack Lang était « pleinement impliqué » dans les activités de la société, allant jusqu'à recommander des spécialistes de l'art.

Une figure française au cœur du scandale mondial

Jack Lang est la personnalité française la plus en vue parmi celles citées dans les millions de documents publiés le 30 janvier par la justice américaine. Il avait reconnu avoir fréquenté Jeffrey Epstein au début des années 2000, après les premières condamnations pénales de ce dernier, affirmant l'avoir rencontré par l'intermédiaire du réalisateur Woody Allen. Le financier américain s'est suicidé en prison en 2019 alors qu'il faisait face à des accusations de trafic sexuel de mineures.

À la tête de l'IMA depuis 2013, Jack Lang y avait imprimé sa marque en multipliant les expositions ambitieuses et les initiatives culturelles entre la France et le monde arabe. Sa démission ouvre une période d'incertitude pour cette institution prestigieuse fondée en 1980, dont le bâtiment conçu par Jean Nouvel est devenu un symbole du dialogue entre les civilisations sur les bords de la Seine.

L'affaire Epstein continue de secouer la classe politique française. Plusieurs personnalités ont été citées dans les documents déclassifiés, relançant le débat sur les relations entretenues par des figures publiques françaises avec le réseau du financier américain.

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