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Fraude à la billetterie du Louvre : neuf interpellations et un réseau démantelé

Une opération policière menée le 10 février au musée du Louvre a conduit à l'interpellation de neuf personnes, dont deux employés de l'institution et deux guides touristiques, soupçonnés d'avoir participé à un vaste réseau de fraude à la billetterie. Selon les informations du Parisien, qui a révélé l'affaire, le système frauduleux fonctionnait depuis l'été 2024 et ciblait principalement les touristes chinois. Trois véhicules, 130 000 euros en espèces et près de 200 000 euros sur des comptes bancaires ont été saisis.

C'est une affaire qui jette une lumière crue sur les failles de gestion du plus grand musée du monde. Mardi 10 février, les forces de l'ordre ont mené une vaste opération au sein même du Louvre, à la suite d'un signalement de la direction du musée dans le cadre de sa politique antifraude. Le résultat : neuf interpellations et la mise au jour d'un système organisé de détournement de la billetterie, actif depuis près de deux ans.

Le mécanisme était rodé. Selon les premiers éléments de l'enquête, le réseau impliquait des guides extérieurs au musée, des tour-opérateurs et des agents de la billetterie du Louvre. Les suspects organisaient des visites guidées dépassant la limite autorisée de vingt personnes par groupe, facturant aux touristes des tarifs gonflés tout en contournant le système officiel de vente de billets. La différence était empochée par les membres du réseau.

Un système bien huilé ciblant les touristes chinois

Toujours selon Le Parisien, la communauté chinoise était particulièrement visée par cette arnaque. Les touristes, souvent peu familiers avec les circuits officiels de réservation, se retrouvaient à payer des sommes bien supérieures au tarif normal – fixé à 22 euros pour les ressortissants européens et à 32 euros pour les visiteurs extra-européens depuis janvier 2026 – sans bénéficier des prestations promises.

Les perquisitions ont permis la saisie de trois véhicules, de 130 000 euros en liquide, de près de 200 000 euros identifiés sur des comptes bancaires, ainsi que de plusieurs coffres-forts contenant des sommes comparables en espèces. L'ampleur des saisies laisse entrevoir un préjudice considérable, que les enquêteurs s'emploient désormais à chiffrer avec précision.

Cette fraude n'est pas un phénomène nouveau au Louvre. Déjà en 2022, une opération similaire avait conduit à l'interpellation de quatorze personnes qui récupéraient les billets d'entrée – papier ou électroniques – auprès des visiteurs sortant du musée, avant de les revendre à prix majoré. Un même billet pouvait ainsi être utilisé « six ou sept fois dans la journée », selon les enquêteurs de l'époque, pour un préjudice estimé à un million d'euros par an.

Un musée en crise depuis le cambriolage d'octobre 2025

Cette nouvelle affaire s'inscrit dans un contexte particulièrement difficile pour l'institution. Depuis le cambriolage spectaculaire du 19 octobre 2025, au cours duquel huit joyaux de la Couronne française évalués à 88 millions d'euros ont été dérobés, le Louvre enchaîne les crises. Fermetures partielles dues à la fragilité de poutres dans la galerie Campana, inondation ayant endommagé des centaines de livres anciens, grève reconductible des agents : les difficultés se sont accumulées, mettant en lumière des fragilités structurelles profondes.

Face à cette situation, la direction du musée assure avoir mis en place « un plan antifraude structuré, comprenant une cartographie de la fraude, diverses mesures préventives et correctives – juridiques, techniques et de contrôle – ainsi que le suivi de leurs résultats ». Le Louvre avait également publié un avertissement sur ses réseaux sociaux, invitant les visiteurs à « se méfier des offres de billets coupe-file » et de la « recrudescence des sites miroirs ».

L'enquête, confiée aux services de police judiciaire parisiens, devra désormais établir l'étendue exacte du préjudice financier subi par le musée et déterminer si d'autres complices sont impliqués dans ce réseau. Les neuf personnes interpellées ont été placées en garde à vue.

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