Apple rachète Q.ai pour 2 milliards : la parole silencieuse va révolutionner Siri
Apple a frappé un grand coup en confirmant, le 29 janvier 2026, le rachat de Q.ai, une startup israélienne spécialisée dans la reconnaissance vocale silencieuse. Estimée à près de 2 milliards de dollars, cette acquisition est la deuxième plus importante de l'histoire d'Apple, juste derrière le rachat de Beats Electronics en 2014 pour 3 milliards. Une opération qui pourrait redéfinir notre façon d'interagir avec nos appareils.
Q.ai, fondée en 2022 à Tel-Aviv par Aviad Maizels, Yonatan Wexler et Avi Barliya, développe une technologie aussi discrète que révolutionnaire. En projetant de la lumière infrarouge sur le visage de l'utilisateur, ses algorithmes d'intelligence artificielle analysent les micro-mouvements des muscles faciaux et de la peau pour interpréter des mots, même lorsqu'aucun son n'est émis. Concrètement, il suffit d'articuler silencieusement une phrase pour que l'appareil la comprenne.
La startup, qui employait une centaine de personnes, opérait jusqu'ici dans le plus grand secret. Son slogan : « Créer un nouveau type de silence ». Une discrétion qui n'a pas empêché Apple de repérer son potentiel. « Q.ai est une entreprise remarquable qui ouvre de nouvelles voies créatives dans l'utilisation de l'imagerie et du machine learning », a déclaré Johny Srouji, vice-président senior des technologies matérielles chez Apple.
Le père de Face ID récidive
Le détail qui retient l'attention : Aviad Maizels, le PDG de Q.ai, n'en est pas à sa première collaboration avec Apple. Il avait fondé PrimeSense, la société à l'origine du capteur Kinect de Microsoft, qu'Apple avait rachetée en 2013. Cette technologie avait servi de base au développement de Face ID, aujourd'hui intégré dans chaque iPhone. Le fait qu'Apple mise une seconde fois sur le même fondateur laisse entrevoir l'ambition d'une nouvelle rupture technologique majeure.
Les applications potentielles sont vertigineuses. La technologie de Q.ai pourrait être intégrée dans les AirPods, le casque Vision Pro et les futures lunettes connectées qu'Apple développerait actuellement. Imaginez pouvoir commander Siri en articulant silencieusement dans le métro, en réunion ou dans une bibliothèque. Plus besoin de parler à voix haute à son assistant vocal : un simple mouvement des lèvres suffirait.
L'enjeu est aussi concurrentiel. Siri accuse un retard face à Google Assistant et Alexa d'Amazon. Mais là où ces concurrents misent sur le traitement cloud, Apple pourrait se différencier grâce au traitement embarqué sur l'appareil, fidèle à sa philosophie de protection des données personnelles. La combinaison de cette technologie avec Apple Intelligence donnerait à Siri un avantage que ses rivaux auraient du mal à reproduire.
Des questions de vie privée en suspens
L'acquisition n'est toutefois pas exempte de controverses. Des brevets déposés par Q.ai décrivent la capacité de détecter non seulement la parole, mais aussi l'état émotionnel, la respiration et le rythme cardiaque de l'utilisateur à travers les micro-tensions du visage. De quoi susciter des inquiétudes légitimes en matière de vie privée, notamment dans le cadre du AI Act européen.
Apple, forte de ses 162 milliards de dollars de trésorerie et d'un trimestre record – 143,88 milliards de chiffre d'affaires sur le premier trimestre fiscal 2026, en hausse de 16 % – dispose des moyens de ses ambitions. L'intégration de la technologie Q.ai devrait prendre de 18 à 24 mois. Les premiers produits équipés pourraient apparaître fin 2026 ou début 2027, probablement dans une nouvelle génération d'AirPods Pro ou d'iPhone.
Cette acquisition marque un tournant stratégique pour Apple. Au-delà de la voix et du tactile, la firme de Cupertino parie sur une interaction homme-machine subtile, silencieuse et fondée sur l'intelligence artificielle. Une révolution douce, à l'image de la technologie qui la porte.