Nice : 45 kg de cannabis, trois voitures et un bateau saisis, dix interpellations
Une opération d’envergure menée par les services anti-stupéfiants à Nice a conduit à la saisie de 45 kilogrammes de cannabis, trois véhicules et un bateau, ainsi qu’à l’interpellation de dix personnes. Ce coup de filet illustre une nouvelle fois la mobilisation des forces de l’ordre dans les Alpes-Maritimes, département en première ligne dans la lutte contre le narcotrafic.
Selon les informations rapportées par Nice-Matin, les enquêteurs de la brigade des stupéfiants ont mené une série de perquisitions coordonnées dans l’agglomération niçoise. Au terme de cette opération, ce sont pas moins de 45 kilogrammes de résine de cannabis qui ont été découverts, dissimulés dans différentes caches. Les forces de l’ordre ont également procédé à la saisie de trois véhicules, soupçonnés d’avoir servi au transport de la marchandise, ainsi que d’un bateau de plaisance, probablement utilisé pour l’acheminement de la drogue par voie maritime.
Dix suspects ont été placés en garde à vue dans le cadre de cette affaire. Les profils des personnes interpellées n’ont pas été précisés à ce stade, mais il s’agirait d’un réseau structuré opérant depuis plusieurs mois sur le littoral azuréen. L’enquête, pilotée par le parquet de Nice, devrait permettre de déterminer l’étendue exacte du réseau et ses éventuelles ramifications internationales.
Nice, plaque tournante du narcotrafic en Méditerranée
Cette saisie intervient dans un contexte de recrudescence des opérations anti-stupéfiants dans les Alpes-Maritimes. En 2025, le parquet de Nice a traité 876 affaires liées au trafic de stupéfiants, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente. Au total, 1 384 opérations ont été conduites par le groupe local de traitement de la délinquance, en augmentation de 27,5 %, aboutissant à 1 727 interpellations.
L’utilisation d’un bateau dans cette affaire confirme une tendance observée depuis plusieurs années : les trafiquants diversifient leurs modes d’acheminement pour contourner les contrôles routiers. La voie maritime, en particulier en Méditerranée, constitue un axe logistique privilégié pour l’importation de cannabis en provenance du Maghreb. En 2025, les saisies dans le département ont atteint 246 kg de résine de cannabis, 187 kg d’herbe de cannabis et 136 kg de cocaïne, auxquels s’ajoutent 840 000 euros en numéraire et 52 armes à feu, dont 17 armes de guerre.
La présence d’un bateau parmi les biens confisqués témoigne aussi du train de vie des suspects. Depuis plusieurs mois, les autorités ciblent systématiquement les avoirs criminels des narcotrafiquants, conformément aux nouvelles directives du ministère de l’Intérieur en matière de lutte contre le blanchiment.
Une politique répressive qui s’intensifie
Le préfet des Alpes-Maritimes a rappelé à plusieurs reprises sa volonté de frapper les réseaux de trafic à la tête. Les récentes opérations menées à Nice – du démantèlement de réseaux de "narco-livraisons" en passant par l’arrestation de têtes de réseaux opérant parfois depuis leur cellule de prison – illustrent cette stratégie. Le recours au RAID et à l’OFAST dans de nombreuses interventions traduit le niveau de dangerosité des individus ciblés.
Autre source de préoccupation pour les autorités : l’implication croissante des mineurs dans les circuits de distribution. Près d’un tiers des personnes interpellées dans le cadre d’affaires de stupéfiants dans le département sont désormais des jeunes de moins de 18 ans, un phénomène qui alarme aussi bien la justice que les acteurs sociaux. "Ces réseaux recrutent de plus en plus jeune", déplorait récemment le procureur de Nice.
Sur le plan judiciaire, l’année 2025 a également été marquée par une nette hausse du nombre de personnes déférées devant les tribunaux pour des faits de trafic : 649 mis en cause ont été renvoyés devant la justice, en augmentation de 54 %, un tiers d’entre eux ayant fait l’objet d’une incarcération.
L’enquête sur le réseau démantelé cette semaine se poursuit. Les dix suspects restent à la disposition de la justice et devront répondre de faits d’importation, de détention et de trafic de stupéfiants en bande organisée, des infractions passibles de lourdes peines d’emprisonnement.