sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Visa de travail en Italie : le "permesso unico" simplifie les démarches pour les Algériens

Le Conseil des ministres italien a adopté le 20 janvier 2026 un décret législatif instaurant le « permesso unico », un permis unique de séjour et de travail destiné aux ressortissants de pays tiers, dont les Algériens. Cette réforme majeure transpose la directive européenne 2024/1233 et promet de réduire considérablement les délais administratifs, tout en renforçant les droits des travailleurs étrangers.

Jusqu'à présent, obtenir un permis de travail en Italie relevait du parcours du combattant. Les candidats devaient parfois attendre six mois, voire davantage, avant de recevoir une réponse des autorités. Avec le nouveau système, ce délai sera réduit à « 90 jours maximum », sauf circonstances exceptionnelles. Une avancée significative pour les dizaines de milliers d'Algériens qui tentent chaque année de s'installer légalement dans la péninsule.

Le permesso unico se distingue par sa nature combinée : il permet à la fois de séjourner et de travailler sur le territoire italien, là où deux démarches distinctes étaient auparavant nécessaires. La procédure sera entièrement numérisée via une plateforme commune aux ministères de l'Intérieur et du Travail. L'employeur soumettra un dossier unique et le travailleur, même depuis l'étranger, recevra des notifications en temps réel sur l'avancement de sa demande.

Une flexibilité inédite pour les travailleurs

L'innovation majeure de cette réforme réside dans la mobilité professionnelle qu'elle offre. Les titulaires du permesso unico pourront changer d'employeur ou de secteur d'activité pendant la durée de validité de leur titre, moyennant une simple notification aux autorités compétentes. Fini le temps où perdre son emploi signifiait perdre son droit au séjour.

En cas de chômage involontaire, le permis ne sera pas automatiquement révoqué. Le travailleur disposera d'un délai minimum de trois mois pour retrouver un emploi, une protection cruciale contre l'exploitation et la précarité. « Cette mesure renforce l'intégration régulière des citoyens de pays tiers », souligne le gouvernement italien dans son communiqué.

Cette réforme s'inscrit dans un contexte plus large d'ouverture du marché du travail italien. Le decreto flussi 2026-2028 prévoit l'attribution de près de 500 000 permis de travail aux ressortissants non-européens sur trois ans, dont 164 850 pour la seule année 2026.

Des quotas importants mais des défis persistants

Sur ces places, 88 000 sont réservées aux emplois saisonniers dans l'agriculture et le tourisme, tandis que 76 850 concernent des postes non saisonniers. Un sous-quota de 13 600 entrées est spécifiquement dédié aux aides à domicile et employés de maison, secteur en forte demande dans un pays vieillissant.

Toutefois, des observateurs rappellent que l'efficacité réelle du système reste à prouver. En 2024, seuls 7,8 % des quotas disponibles se sont traduits par des permis effectivement délivrés, soit environ 9 300 permis sur près de 120 000 places ouvertes. Les employeurs se plaignent d'un processus assimilé à une « loterie », où les places s'attribuent en ligne en une seule journée.

Le permesso unico devrait entrer en vigueur d'ici mi-2026, après validation définitive par le Parlement italien. Pour les candidats algériens à l'émigration légale, cette réforme représente une lueur d'espoir dans un parcours administratif longtemps synonyme d'incertitude et de frustration.

sfy39587stp16