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Budget 2026 : Amir Reza-Tofighi dénonce l'asphyxie programmée des entreprises

Face à un budget 2026 qu'il qualifie de « délire fiscal », Amir Reza-Tofighi, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), tire la sonnette d'alarme. Avec plus de 68 000 faillites enregistrées en un an et des charges en hausse de 3 milliards d'euros, le patron des PME françaises dénonce une asphyxie programmée du tissu économique national.

Élu à la tête de la CPME en janvier 2025 avec 65,4 % des voix, Amir Reza-Tofighi incarne une nouvelle génération de représentants patronaux. À 40 ans, cet entrepreneur diplômé de CentraleSupélec et d'HEC, né de parents réfugiés iraniens à Grigny dans l'Essonne, n'a pas tardé à hausser le ton face aux orientations budgétaires du gouvernement.

« La France ne résoudra jamais ses problèmes en prélevant plus », martèle-t-il dans les colonnes du Journal des Entreprises. Pour le président de la CPME, le budget 2026 représente une menace existentielle pour les PME françaises. Plus de 10 milliards d'euros de nouveaux impôts et taxes frapperont les entreprises et les entrepreneurs cette année, dans un contexte où les défaillances ont atteint leur plus haut niveau depuis 2009.

Un contexte international hostile

L'instabilité politique française s'ajoute à un environnement économique mondial particulièrement défavorable. « L'offensive industrielle chinoise massive sur le marché européen d'un côté, les hausses de droits de douane américains de l'autre », détaille le patron des PME. Cette double pression internationale, combinée au manque de visibilité budgétaire, paralyse les investissements et freine les recrutements.

Dans un entretien croisé avec Serge Papin, ministre du Commerce, publié par le JDD, Amir Reza-Tofighi pointe une équation impossible. Tandis que la baisse progressive de la CVAE apporte un milliard d'euros de soulagement aux entreprises, les charges patronales augmentent simultanément de 3 milliards d'euros. « Ce sont toujours les mêmes qui règlent l'addition : les entreprises », dénonce-t-il.

Le président de la CPME s'inquiète également des mesures envisagées par certains parlementaires : suppression des déductions sur les heures supplémentaires, surtaxes sur les bénéfices, taxation des holdings à 2 %. Autant de dispositifs qui, selon lui, « mettent en danger nos entreprises » au nom du compromis politique.

Des propositions pour sortir de l'impasse

Face à ce constat alarmant, la CPME ne se contente pas de critiquer. L'organisation patronale défend plusieurs axes de réforme structurelle. En premier lieu, l'instauration d'un « test PME » pour chaque nouvelle loi, afin d'évaluer son impact réel sur les petites et moyennes entreprises avant son adoption. Le Pacte Dutreil, qui facilite la transmission des entreprises familiales, constitue une ligne rouge pour la confédération. Avec 500 000 transmissions prévues dans la décennie, toute remise en cause de ce dispositif serait catastrophique pour le tissu économique.

Amir Reza-Tofighi plaide aussi pour une refonte du financement de la protection sociale. « Comment reconstruit-on un financement de la sécurité sociale qui n'asphyxie plus autant le travail ? », questionne-t-il, reprenant les termes du ministre du Commerce. La CPME soutient notamment la TVA sociale et une meilleure répartition de l'effort entre tous les citoyens, plutôt qu'une concentration sur les seuls revenus du travail.

Les dix-huit prochains mois s'annoncent particulièrement éprouvants pour les PME françaises. Dans ce contexte, le président de la CPME appelle les entrepreneurs à la résilience tout en maintenant la pression sur les parlementaires. Plutôt que des manifestations de masse, l'organisation privilégie le dialogue direct avec les élus de tous bords pour faire entendre la voix des 4 millions de PME qu'elle représente.

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