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Affaire Epstein : Élie de Rothschild, la référence qui a tout déclenché

Le 18 février 2026, le milliardaire américain Les Wexner, ancien patron de Victoria's Secret et figure incontournable du monde des affaires, a livré un témoignage fleuve devant le comité de surveillance de la Chambre des représentants. Au cours de six heures de déposition à huis clos, depuis son domicile de New Albany dans l'Ohio, l'homme d'affaires a révélé un détail explosif : c'est le baron Élie de Rothschild, figure tutélaire de la branche française de la dynastie bancaire, qui lui avait personnellement recommandé Jeffrey Epstein dans les années 1980.

Cette révélation s'inscrit dans le cadre des « Epstein Files », ces trois millions de pages de documents déclassifiés le 30 janvier 2026 par le ministère américain de la Justice. Depuis leur publication, les noms de dizaines de personnalités de premier plan continuent de surgir, ébranlant les milieux politiques, financiers et diplomatiques des deux côtés de l'Atlantique.

Dans sa déclaration préparée, Wexner raconte avoir été mis en contact avec Epstein au milieu des années 1980, par l'intermédiaire de Bob Meister, alors vice-président du géant de l'assurance Aon. Mais le milliardaire ne s'est pas contenté de cette seule recommandation. Il affirme avoir consulté Ace Greenberg et Jimmy Cayne, deux dirigeants de Bear Stearns, l'ancien employeur d'Epstein, qui l'ont tous deux endossé « sans hésitation ».

Epstein a alors proposé une référence supplémentaire : Élie de Rothschild. Wexner déclare l'avoir contacté directement. « Quand j'ai parlé à Élie, il m'a chaudement recommandé Epstein sur la base du travail qu'Epstein avait accompli pour sa famille », a-t-il affirmé devant les élus du Congrès. Cette révélation place le baron Rothschild, décédé en 2007 à l'âge de 90 ans, au cœur d'un réseau de recommandations qui a permis à Epstein de bâtir son empire financier.

Un manipulateur « diabolique » selon Wexner

Le fondateur de L Brands décrit un processus de manipulation méthodique. Au départ, Epstein aurait refusé de le prendre comme client, se contentant de lui prodiguer des conseils financiers gratuits, prétextant un service amical. « Je ne réalisais pas que, dès le début, Epstein manœuvrait pour gagner ma confiance », a confié Wexner. En 1991, le milliardaire finit par accorder à Epstein une procuration générale sur l'ensemble de ses finances, lui donnant ainsi carte blanche pour exécuter des transactions en son nom.

Ce n'est qu'en 2007 que Wexner affirme avoir découvert qu'Epstein avait « détourné des sommes considérables » de sa fortune personnelle et familiale. Il dit avoir alors immédiatement rompu toute relation avec le financier. « J'ai été naïf, stupide et crédule en accordant ma confiance à Jeffrey Epstein. C'était un escroc », a-t-il martelé, tout en niant catégoriquement toute connaissance des activités criminelles d'Epstein.

Pourtant, des documents internes du FBI rédigés peu après le suicide d'Epstein en août 2019 désignent Wexner comme l'un de ses « co-conspirateurs » potentiels, même si ces mêmes documents précisent que les preuves à son encontre restent « limitées ». Le comité de surveillance de la Chambre a d'ailleurs dû recourir à une assignation à comparaître pour obtenir ce témoignage.

Les Rothschild, un nom omniprésent dans les Epstein Files

Au-delà d'Élie de Rothschild, la famille Rothschild occupe une place singulière dans les documents déclassifiés. Ariane de Rothschild, directrice générale de la banque Edmond de Rothschild basée à Genève, est le nom français le plus cité dans les trois millions de pages. Pas moins de 5 532 emails échangés entre 2013 et 2019 ont été mis au jour, révélant une proximité amicale troublante, bien qu'aucun acte criminel ne lui soit imputé dans les documents.

Un contrat daté d'octobre 2015 montre également qu'Epstein, par le biais de sa société Southern Trust Company, avait conclu un accord de 25 millions de dollars avec le groupe Edmond de Rothschild, portant sur des services de conseil et d'analyse de risques. La banque affirme de son côté qu'Ariane de Rothschild a coupé tout lien avec Epstein dès son arrestation en 2019.

Les réactions des élus démocrates ont été particulièrement vives après la déposition de Wexner. Le représentant Robert Garcia, élu de Californie, a déclaré sans détour : « Il n'y aurait pas eu d'île Epstein, pas d'avion Epstein, pas d'argent pour trafiquer des femmes et des jeunes filles sans la fortune de Les Wexner. » Son collègue Stephen Lynch, élu du Massachusetts, a abondé : « Au vu des preuves, il ne fait aucun doute dans mon esprit que Les Wexner savait et n'a rien fait pour empêcher cela. »

Alors que les personnalités françaises continuent d'être éclaboussées par le scandale, cette déposition vient rappeler que le réseau d'Epstein s'est construit pierre après pierre, référence après référence, au sein des cercles les plus fermés de la finance internationale. Le nom de Rothschild, synonyme de pouvoir bancaire depuis deux siècles, y apparaît désormais indissociablement lié à l'ascension du prédateur le plus célèbre de l'histoire récente.

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