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Crise France-Algérie : Alger convoque le diplomate français après le documentaire de France 2

Le ministère des Affaires étrangères algérien a convoqué le chargé d'affaires de l'ambassade de France à Alger, suite à la diffusion par France 2 d'un documentaire qualifié de « tissu de contre-vérités profondément offensantes ». Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte de crise diplomatique sans précédent entre les deux pays.

L'émission « Complément d'enquête » diffusée le 22 janvier dernier sur la chaîne publique française, intitulée « Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie », a provoqué la colère d'Alger. Dans un communiqué virulent, le gouvernement algérien dénonce ce qu'il considère comme « une véritable agression contre l'État algérien, ses institutions et ses symboles ».

Le diplomate français s'est vu notifier « l'extrême gravité » de la situation. Selon le ministère algérien, la responsabilité d'une chaîne de service public dans cette affaire constitue une atteinte que « celle-ci ne se serait jamais autorisée sans la complicité ou à tout le moins l'assentiment de sa tutelle publique ».

L'ambassade de France directement mise en cause

Fait inédit dans les annales diplomatiques franco-algériennes, Alger pointe du doigt la contribution directe de l'ambassade de France et de l'ambassadeur personnellement à « l'animation de cette campagne outrageante ». Cette implication présumée « renforce le sentiment que celle-ci a bénéficié d'une onction de services officiels français », précise le communiqué.

Le gouvernement algérien y voit « une nouvelle étape dans l'escalade des menées anti-algériennes que des milieux officiels français entretiennent à des fins de maintien des relations algéro-françaises dans un état de crise permanent ».

L'ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, devait initialement apparaître dans le documentaire, comme le montrait le teaser de l'émission. Pourtant, le diplomate était absent de la version finale diffusée. L'APS, l'agence de presse officielle algérienne, l'a qualifié dans un communiqué d'« ex-faux diplomate » et d'« agité atteint d'une véritable pathologie obsessionnelle nommée Algérie ».

Alger se réserve le droit de riposter

Le communiqué du ministère des Affaires étrangères se conclut par une mise en garde. Il a été « notifié au diplomate français que le Gouvernement algérien se réserve le droit de donner toutes les suites qu'appelle la gravité de tels agissements ». Une formule diplomatique qui laisse présager d'éventuelles mesures de rétorsion.

Cette nouvelle crise s'inscrit dans un contexte de tensions exacerbées depuis juillet 2024, lorsque Paris a annoncé son soutien au plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental. Depuis, l'Algérie a rappelé son ambassadeur en France, une situation qui dure depuis plus de neuf mois – du jamais vu dans l'histoire des relations bilatérales.

L'affaire Boualem Sansal, écrivain franco-algérien détenu en Algérie, et la condamnation du journaliste français Christophe Gleizes ont encore envenimé les rapports entre les deux capitales. Cette crise, qualifiée par de nombreux observateurs de la plus grave depuis la guerre d'Algérie, ne semble pas près de s'apaiser.

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