Arno Klarsfeld déclenche une polémique en évoquant des "rafles" contre les étrangers
L'avocat Arno Klarsfeld a suscité une vive controverse ce samedi 25 janvier 2026 en évoquant sur CNews la nécessité d'opérations massives contre les étrangers sous OQTF, quitte à accepter des erreurs. L'emploi du terme "rafles" par le fils du célèbre chasseur de nazis provoque l'indignation sur les réseaux sociaux.
Invité sur le plateau de CNews ce matin, Arno Klarsfeld, avocat et personnalité médiatique, a suggéré de mener de "grandes rafles" pour appréhender les migrants en situation irrégulière sur le territoire français. Plus controversé encore, il aurait qualifié d'"erreurs inévitables" les potentiels incidents pouvant survenir lors de telles opérations, faisant un parallèle avec les méthodes de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) américain sous l'administration Trump.
Ces propos ont immédiatement déclenché une tempête sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes ont souligné le caractère particulièrement choquant de l'emploi du terme "rafles" par le fils de Serge Klarsfeld, célèbre chasseur de nazis dont le propre père fut déporté à Auschwitz en 1943. "Pour un fils de déporté, employer ce genre de termes, c'est particulièrement problématique", peut-on lire parmi les nombreuses réactions.
Un paradoxe qui interroge
Cette polémique intervient alors qu'Arno Klarsfeld lui-même avait écrit dans une lettre adressée à Emmanuel Macron qu'il serait "impossible – sans devenir un État policier – de diligenter de gigantesques rafles sur l'ensemble du territoire" pour appréhender les personnes en situation irrégulière. Un revirement de position qui n'a pas échappé à ses détracteurs.
La famille Klarsfeld porte un héritage mémoriel lourd. En 1943, lors d'une rafle de la Gestapo à Nice, le père de Serge Klarsfeld s'était sacrifié pour sauver sa famille, les cachant dans un double fond d'armoire avant d'ouvrir la porte aux nazis. Déporté à Auschwitz, il y fut assassiné dans les chambres à gaz. C'est cet héritage tragique qui a conduit Serge et Beate Klarsfeld à consacrer leur vie à la traque des criminels nazis et à la mémoire des 76 000 Juifs déportés de France.
Deux camps s'affrontent
La controverse divise l'opinion publique. D'un côté, les défenseurs d'Arno Klarsfeld rappellent ses prises de position en faveur d'une politique migratoire plus ferme, lui qui répète que "90 % des déboutés du droit d'asile demeurent en France" et que l'exécution des OQTF relève de l'impossible en pratique.
De l'autre, ses opposants dénoncent une dérive inquiétante. Certains n'hésitent pas à établir des parallèles avec des périodes sombres de l'histoire, qualifiant l'ICE américain de "gestapo 2.0". "C'est une inversion totale des valeurs", dénonce un internaute, tandis qu'un autre parle de propos "abjects".
Cette polémique s'inscrit dans un contexte de durcissement du débat sur l'immigration en France. Avec seulement 7,7 % des OQTF effectivement exécutées en 2023 selon les derniers chiffres disponibles, la question de l'éloignement des étrangers en situation irrégulière reste un sujet brûlant. Reste à savoir si les propos d'Arno Klarsfeld auront des suites judiciaires, plusieurs associations ayant annoncé examiner la possibilité de saisir la justice.